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Burnout du psychologue : repérer l'épuisement professionnel et s'en protéger en cabinet

Les professionnels de santé mentale passent leurs journées à accueillir la souffrance des autres, et l'épuisement fait partie des risques du métier. Ce guide fait le point sur ce que l'on sait vraiment, les signaux à surveiller en cabinet, ce qui protège et qui appeler en France, en Belgique et en Suisse.

Pays concernés : Belgique, Suisse, France

Quatre notions qu'on mélange souvent

On parle de burnout, de fatigue de compassion, de traumatisme vicariant ou d'usure comme s'il s'agissait de la même chose. Ces notions se recoupent, mais elles ne décrivent pas le même mécanisme. Les distinguer aide à choisir la bonne réponse.

Le burnout selon l'OMS

Dans la onzième révision de la Classification internationale des maladies (CIM-11), entrée en vigueur le 1er janvier 2022, le burnout porte le code QD85. Il est rangé dans le chapitre des facteurs qui influencent l'état de santé, dans le groupe des problèmes liés à l'emploi. L'OMS précise qu'il n'est pas classé comme une maladie.

La définition retient trois dimensions.

  • Une sensation de perte d'énergie ou d'épuisement.
  • Une distance mentale accrue vis-à-vis de son travail, ou un regard négatif et cynique sur ce travail.
  • Une baisse de l'efficacité professionnelle.

L'OMS ajoute que la notion s'applique au contexte professionnel uniquement. On ne parle pas de burnout pour décrire un épuisement lié à la vie familiale, par exemple.

En France, la Haute Autorité de santé (HAS) a publié en 2017 une recommandation sur le repérage et la prise en charge du burnout, mise à jour en décembre 2025 pour la partie sur le retour au travail. Elle rappelle que ce syndrome demande une démarche diagnostique, notamment pour rechercher un trouble sous-jacent (trouble de l'adaptation, anxiété, dépression, stress post-traumatique) et évaluer le risque suicidaire.

Le traumatisme vicariant

Le terme vient d'un article de Lisa McCann et Laurie Anne Pearlman publié en 1990 dans le Journal of Traumatic Stress. Les autrices l'emploient pour décrire ce qui se passe chez le thérapeute exposé de façon répétée aux récits traumatiques de ses patients. Elles insistent sur deux sources, le contenu des récits et les croyances propres du thérapeute sur lui-même et sur les autres.

Concrètement, il s'agit d'un changement progressif de la façon de voir le monde. Le sentiment de sécurité, la confiance dans les autres ou la manière de se représenter ses proches peuvent se modifier à force d'entendre des histoires de violence. Le déclencheur est le contenu de ce que l'on entend, plus que la quantité de travail.

La fatigue de compassion et le stress traumatique secondaire

La fatigue de compassion désigne l'usure propre aux métiers d'aide. L'outil le plus utilisé pour la mesurer, le ProQOL, a été conçu par Beth Hudnall Stamm à partir de travaux menés avec Charles Figley. Dans ce modèle, la fatigue de compassion regroupe deux composantes.

  • Le burnout, qui s'installe en général progressivement et se traduit par un sentiment d'impuissance et une difficulté à faire son travail correctement.
  • Le stress traumatique secondaire, qui vient de l'exposition répétée aux traumatismes vécus par d'autres. Il apparaît souvent plus vite et peut être lié à un événement précis (un récit particulièrement dur, par exemple).

Le même outil mesure aussi la satisfaction de compassion, c'est-à-dire le plaisir que l'on tire d'un travail bien fait. Les deux coexistent souvent chez le même praticien.

L'usure professionnelle

« Usure » n'a pas de définition officielle. Le mot sert souvent à parler d'une lassitude installée qui n'atteint pas forcément le niveau d'un burnout. Il reste utile dans la conversation entre collègues, à condition de ne pas s'en servir pour minimiser une situation qui relève d'un médecin.

  • Burnout
    • D'où elle vient. OMS, CIM-11 (QD85)
    • Ce qui la déclenche surtout. Stress chronique au travail mal régulé (charge, manque de contrôle)
    • Ce que l'on remarque. Épuisement, distance ou cynisme, sentiment d'être moins efficace
  • Traumatisme vicariant
    • D'où elle vient. McCann et Pearlman, 1990
    • Ce qui la déclenche surtout. Écoute répétée de récits traumatiques
    • Ce que l'on remarque. Changement de la vision du monde, de la confiance, du sentiment de sécurité
  • Stress traumatique secondaire
    • D'où elle vient. Modèle ProQOL (Stamm)
    • Ce qui la déclenche surtout. Exposition aux traumatismes des patients, parfois un récit précis
    • Ce que l'on remarque. Réactions liées à des récits ou à un événement précis, apparition souvent rapide
  • Fatigue de compassion
    • D'où elle vient. Modèle ProQOL (Stamm, Figley)
    • Ce qui la déclenche surtout. Combinaison du burnout et du stress traumatique secondaire
    • Ce que l'on remarque. Les deux tableaux ci-dessus, à des degrés variables
  • Usure
    • D'où elle vient. Langage courant
    • Ce qui la déclenche surtout. Accumulation de fatigue sur la durée
    • Ce que l'on remarque. Lassitude, moins d'élan, sans définition précise

Ce que mesurent vraiment les études

Les chiffres sur le burnout des psys circulent beaucoup. Ils viennent d'un petit nombre de revues de la littérature, avec des limites qu'il faut connaître avant de les répéter.

Les principales revues publiées

  • O'Connor, Muller Neff et Pitman, European Psychiatry, 2018
    • Ce qu'elle couvre. Méta-analyse, 62 études revues dont 33 regroupées (9 409 professionnels de santé mentale, toutes professions confondues)
    • Ce qu'elle trouve. Niveau élevé d'épuisement émotionnel chez 40 % (entre 31 et 48 %), dépersonnalisation élevée chez 22 %, faible accomplissement personnel chez 19 %
  • McCormack et al., Frontiers in Psychology, 2018
    • Ce qu'elle couvre. Revue systématique, 29 études sur les psychologues (cliniciens, scolaires, du conseil)
    • Ce qu'elle trouve. Pas de chiffre global. L'épuisement émotionnel est la dimension la plus étudiée. La charge, les longues heures et les tâches non cliniques reviennent comme facteurs de risque
  • Simionato et Simpson, Journal of Clinical Psychology, 2018
    • Ce qu'elle couvre. Revue de 40 articles, près de 9 000 psychothérapeutes
    • Ce qu'elle trouve. Un peu plus de la moitié rapportent un burnout modéré à élevé. Les facteurs personnels associés sont le peu d'expérience, le manque de confiance en ses compétences et le perfectionnisme
  • Van Hoy et Rzeszutek, Frontiers in Psychology, 2022
    • Ce qu'elle couvre. Revue systématique, 52 études dont 38 sur le burnout des psychothérapeutes
    • Ce qu'elle trouve. Risque plus élevé chez les plus jeunes, les moins expérimentés, en cas de forte charge et en secteur public. Supervision et thérapie personnelle citées comme protectrices
  • Hensel et al., Journal of Traumatic Stress, 2015
    • Ce qu'elle couvre. Méta-analyse, 38 études sur le stress traumatique secondaire
    • Ce qu'elle trouve. Associations faibles avec le volume de patients traumatisés et l'histoire traumatique personnelle. Le soutien social et professionnel va dans le sens inverse

Comment lire ces chiffres

  • Les seuils changent tout. Dans la méta-analyse d'O'Connor, plus de la moitié des écarts entre études sur l'épuisement émotionnel s'explique par le choix du seuil de « niveau élevé ». L'éditeur du Maslach Burnout Inventory a d'ailleurs retiré les seuils de son manuel, faute de validité diagnostique.
  • Une association n'est pas une cause. Presque toutes ces études sont transversales (une photo à un instant donné). Elles montrent des liens, pas des causes.
  • Peu de données françaises. Les revues incluent surtout des études en anglais, beaucoup réalisées aux États-Unis et au Royaume-Uni. Les systèmes de santé et l'exercice libéral y sont différents.
  • Les psychologues ne sont pas tous logés à la même enseigne. Dans la méta-analyse d'O'Connor, les échantillons comptant plus de psychologues montraient moins de dépersonnalisation et un meilleur sentiment d'accomplissement que les autres professions de santé mentale.
  • L'exercice libéral n'est pas une garantie. Plusieurs études trouvent moins de burnout en cabinet privé qu'en institution, d'autres ne trouvent pas de différence. Le cabinet donne plus de contrôle, mais il peut aussi isoler.

Ce qu'on peut retenir sans trop extrapoler, c'est que l'épuisement émotionnel est fréquent dans ces métiers, et qu'il est surtout lié à des conditions de travail sur lesquelles on peut agir.

Les signaux d'alerte en cabinet

La HAS décrit des symptômes qui s'installent souvent de façon progressive et insidieuse. Elle note aussi que le déni de la personne concernée retarde fréquemment la prise en charge. Chez un psy, ces signes se voient souvent d'abord dans l'organisation du cabinet, avant d'être reconnus comme tels.

Dans votre rapport aux séances

  • Vous redoutez certains rendez-vous dès la veille, sans raison clinique nouvelle.
  • Vous regardez l'heure plus souvent qu'avant pendant les séances.
  • Vous vous surprenez à être agacé ou indifférent face à un patient que vous suiviez avec intérêt.
  • Vous avez du mal à vous souvenir de ce qui s'est dit la semaine précédente.

Dans l'organisation

  • Vos notes de séance s'accumulent et le retard vous pèse le soir ou le week-end.
  • Vous ajoutez des créneaux sans en retirer, et les pauses entre deux patients disparaissent.
  • Vous repoussez la supervision ou l'intervision « faute de temps ».
  • Vous ne prenez plus de vacances complètes, ou vous consultez vos messages pendant.

En dehors du cabinet

  • Fatigue qui ne passe pas après un week-end, troubles du sommeil, douleurs diffuses (la HAS cite l'asthénie, les troubles du sommeil et les douleurs musculo-squelettiques).
  • Repli sur soi, moins de contacts avec vos proches et vos collègues.
  • Des récits de patients qui reviennent en tête hors du cabinet, ou un monde qui vous paraît plus dangereux qu'avant. Ce type de réaction évoque plutôt le stress traumatique secondaire ou le traumatisme vicariant que le burnout.
  • Une consommation d'alcool, de tabac ou de médicaments qui augmente pour « tenir ».

Un signal isolé ne veut pas dire grand-chose. C'est l'accumulation et la durée qui doivent alerter.

Un repère pour faire le point (pas un test)

Les questions ci-dessous ne forment pas un outil validé. Elles ne donnent pas de score et ne permettent aucun diagnostic. Elles reprennent les trois dimensions retenues par l'OMS et les signes décrits par la HAS, pour vous aider à mettre des mots sur ce que vous vivez. Répondez en pensant aux quatre dernières semaines.

  1. Avez-vous l'impression de finir la plupart de vos journées sans réserve d'énergie, même quand elles n'étaient pas plus chargées que d'habitude ?
  2. Le repos du week-end ou de courtes vacances suffit-il encore à vous remettre d'aplomb ?
  3. Vous arrive-t-il de parler de vos patients, intérieurement ou entre collègues, avec une ironie ou une froideur qui ne vous ressemble pas ?
  4. Avez-vous le sentiment que votre travail sert moins qu'avant, ou que vous êtes devenu moins bon ?
  5. Un récit entendu en séance vous revient-il en dehors du cabinet au point de gêner votre sommeil ou votre humeur ?
  6. Votre façon de voir les gens, la sécurité ou l'avenir a-t-elle changé depuis que vous suivez certains patients ?
  7. Avez-vous réduit ce qui vous fait du bien (sport, amis, sommeil, loisirs) pour tenir votre agenda ?
  8. Quelqu'un de proche vous a-t-il dit récemment que vous aviez changé ?

Si vous répondez oui à plusieurs de ces questions depuis plusieurs semaines, parlez-en. À un collègue de confiance, à votre superviseur, et à votre médecin traitant. La HAS rappelle que les questionnaires comme le MBI ou le CBI ne sont pas conçus pour une évaluation individuelle. Ils peuvent guider un entretien, pas le remplacer.

Les deux questionnaires de référence

  • Le Maslach Burnout Inventory (MBI). Créé par Christina Maslach et ses collègues, c'est l'outil le plus utilisé dans la recherche. La version pour les métiers d'aide (MBI-HSS) compte 22 questions réparties en trois échelles, épuisement émotionnel, dépersonnalisation et accomplissement personnel. Il est protégé par le droit d'auteur et son usage demande une licence payante. Son éditeur le présente comme un outil de recherche, pas comme un outil de diagnostic.
  • Le ProQOL 5. Il compte 30 questions sur les 30 derniers jours, réparties en trois échelles de 10 questions (satisfaction de compassion, burnout, stress traumatique secondaire). Il est gratuit et disponible en français sur le site officiel du ProQOL. Il peut être copié à condition de citer l'autrice, de ne rien modifier et de ne pas le vendre. C'est le plus accessible pour un professionnel qui veut faire le point seul, en gardant en tête qu'il ne pose pas de diagnostic.

Ce qui protège, d'après la littérature

Les revues citées plus haut convergent sur quelques leviers. Aucun ne suffit seul, et aucune étude ne donne de chiffre magique (un nombre maximal de patients par jour, par exemple). Voici ce qui est documenté, et comment le traduire dans un cabinet.

La supervision et l'intervision

La supervision clinique régulière fait partie des facteurs protecteurs relevés par O'Connor et ses collègues. La revue de Van Hoy et Rzeszutek cite cinq études où la supervision ou la thérapie personnelle joue un rôle de tampon. Le code de déontologie des psychologues de 2021 va dans le même sens. Il demande au psychologue de définir ses propres limites (principe 4) et l'invite, face à une situation difficile, à prendre conseil auprès de collègues expérimentés (article 17).

  • Fixez un rythme à l'avance (par exemple une séance de supervision par mois) et notez-la dans l'agenda comme un rendez-vous patient.
  • Si la supervision individuelle est hors budget, un groupe d'intervision entre pairs est une alternative. Le soutien des collègues revient dans plusieurs études comme facteur protecteur.
  • Gardez un espace pour vous en dehors de la supervision. Une thérapie personnelle, si vous en ressentez le besoin, fait aussi partie des protections citées.

La charge et le rythme

La forte charge de travail est le facteur de risque le plus constant dans la méta-analyse d'O'Connor. Dans la revue de McCormack, le nombre d'heures travaillées est associé à plus d'épuisement et de dépersonnalisation. Pour le stress traumatique secondaire, c'est la part de patients traumatisés dans la file active qui compte (Hensel et al.).

  • Décidez d'un nombre maximal de séances par jour et par semaine, puis tenez-le pendant un mois pour voir l'effet.
  • Gardez au moins quelques minutes entre deux patients. Elles servent à noter, à respirer, à changer de pièce mentale.
  • Si vous suivez beaucoup de personnes traumatisées, répartissez ces suivis dans la semaine plutôt que de les enchaîner.
  • Bloquez des journées sans patients avant de partir en congé, pour ne pas finir les dossiers en vacances.

La charge administrative

Elle n'est pas la cause principale, mais elle pèse. La revue de McCormack classe le travail administratif et non clinique parmi les facteurs de risque liés à la charge. Celle de Van Hoy et Rzeszutek cite une étude où la paperasse administrative prédit le burnout. Un retard de notes qui s'accumule ajoute une tâche à une journée déjà pleine, et il empiète souvent sur le temps de repos.

  • Rédigez vos notes juste après la séance, en quelques lignes, plutôt qu'en lot le soir. Un modèle court aide (voir notre modèle de notes de séance).
  • Regroupez facturation, mails et appels sur un créneau fixe de la semaine.
  • Pour les comptes rendus plus longs, notre article sur les façons de gagner du temps sur les comptes rendus donne des pistes concrètes.
  • Faites la liste de ce que vous faites encore à la main et qui pourrait être simplifié. Notre article sur la charge administrative du psychologue passe ces tâches en revue.

Le contrôle sur son activité

L'autonomie et le sentiment de contrôle sur son travail ressortent comme protecteurs dans plusieurs revues. En libéral, vous avez la main sur une bonne partie de votre organisation (horaires, type de patientèle, durée des séances). Cela vaut la peine de revoir ces choix une fois par an, et pas seulement à l'installation. Si vous êtes en train de vous installer, notre guide sur l'installation du psychologue en libéral aborde l'organisation du cabinet.

Ce qui se passe en dehors du travail

Les revues citent le soutien social, l'activité physique, le sommeil et une bonne hygiène de vie parmi les ressources associées à moins de burnout. Ces liens sont modestes et observés dans des études transversales. Ils ne remplacent pas une action sur la charge de travail.

Quand et qui appeler

Si plusieurs signaux durent, le premier interlocuteur reste votre médecin traitant. La HAS lui confie la coordination de la prise en charge, et elle précise qu'un arrêt de travail est le plus souvent nécessaire en cas de burnout avéré. Si vous êtes salarié, vous pouvez aussi demander une visite au médecin du travail à tout moment, y compris pendant un arrêt.

En France

  • SPS, l'institut pour la santé des soignants (anciennement association Soins aux professionnels de santé). Ligne d'écoute gratuite, anonyme, ouverte 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, au 0 805 23 23 36. Des psychologues répondent. Elle s'adresse aux professionnels de santé salariés et libéraux, aux étudiants et à leurs proches. L'association propose aussi une application et des lieux d'accueil (« La Maison des Soignants »).
  • 3114, numéro national de prévention du suicide. Gratuit, 24 heures sur 24, tenu par des infirmiers et des psychologues formés. Il répond aussi aux proches et aux professionnels inquiets pour quelqu'un.
  • Association MOTS, pour les médecins et étudiants en médecine, donc pour les psychiatres. Écoute par un médecin de l'association au 06 08 28 25 89.

Penser à la continuité des suivis

Beaucoup de praticiens retardent un arrêt par peur de « lâcher » leurs patients. Le code de déontologie des psychologues prévoit ce cas. Son article 19 demande, lorsque le psychologue doit interrompre son activité pour quelque motif que ce soit, de chercher à assurer la continuité. En pratique, cela peut passer par un confrère qui accepte de prendre le relais pour les suivis les plus fragiles. Le mieux est d'en parler avec un collègue avant d'en avoir besoin.

Comment fonctionne Delta

Delta est un assistant pour les professionnels de santé mentale. Pendant la séance, il retranscrit ce qui se dit puis prépare un compte rendu que vous relisez. Vous pouvez aussi dicter vos observations juste après la séance. Il agit sur un seul des facteurs décrits plus haut, le retard de notes, et ne remplace ni la supervision ni un avis médical.

Questions fréquentes

Le burnout est-il une maladie ?

Non, selon l'OMS. Dans la CIM-11, il porte le code QD85 et figure parmi les facteurs qui influencent l'état de santé, pas parmi les maladies. Il peut en revanche s'accompagner de troubles qui, eux, se soignent (dépression, anxiété), d'où l'importance d'un avis médical.

Combien de psychologues sont touchés ?

Il n'existe pas de chiffre fiable propre aux psychologues français. La méta-analyse la plus citée (O'Connor et al., 2018) estime à 40 % la part des professionnels de santé mentale avec un épuisement émotionnel élevé, toutes professions confondues. Ce chiffre varie beaucoup selon les seuils utilisés.

Quelle différence entre burnout et fatigue de compassion ?

Le burnout est lié aux conditions de travail (charge, manque de contrôle). La fatigue de compassion, dans le modèle du ProQOL, associe ce burnout et un stress traumatique secondaire, qui vient de l'exposition aux traumatismes des patients. On peut souffrir de l'un sans l'autre.

Qu'est-ce que le traumatisme vicariant ?

C'est le changement progressif de la vision du monde du thérapeute exposé de façon répétée aux récits traumatiques de ses patients. Le concept a été proposé par McCann et Pearlman en 1990. Il concerne surtout les praticiens qui suivent beaucoup de victimes de violences.

Exercer en libéral protège-t-il du burnout ?

Pas forcément. Plusieurs études trouvent moins de burnout en cabinet privé, sans doute grâce à une plus grande maîtrise de l'organisation, mais d'autres ne trouvent aucune différence. L'isolement et le poids des tâches de gestion peuvent compenser cet avantage.

Peut-on faire le MBI ou le ProQOL seul ?

Le ProQOL est gratuit et disponible en français, vous pouvez le remplir seul pour faire le point. Le MBI demande une licence payante. Ni l'un ni l'autre ne pose de diagnostic, et la HAS rappelle qu'ils ne sont pas conçus pour une évaluation individuelle.

Qui appeler si je suis psychologue et que je ne vais pas bien ?

En France, la ligne de SPS au 0 805 23 23 36 est gratuite, anonyme et ouverte en permanence. Votre médecin traitant coordonne la prise en charge. En cas d'idées suicidaires, appelez le 3114.

Sources

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