Note de séance psychodynamique : modèle, trame et exemple
Modèle de note de séance d'orientation psychodynamique ou psychanalytique, avec matériel apporté, transfert, hypothèses et cadre. Trame, exemple rempli et erreurs à éviter.
Pays concernés : Belgique, Suisse, France
La note de séance d'orientation psychodynamique est le document dans lequel le praticien garde la trace de ce que le patient a apporté en séance, des thèmes qui reviennent, de la relation qui se joue avec le thérapeute et des hypothèses de travail qui se dessinent. Elle suit la logique des thérapies psychanalytiques, attentives au sens de ce qui se dit, se répète ou se tait.
Elle s'adresse aux psychologues, psychiatres et psychothérapeutes qui travaillent dans une approche psychodynamique ou psychanalytique, en libéral comme en institution. Elle aide à suivre un travail souvent long et à repérer ce qui évolue d'une séance à l'autre.
À quoi sert la note de séance psychodynamique
Dans un travail d'orientation psychanalytique, le sens se construit sur la durée. Un rêve ou un thème qui revient prend son relief quand on peut le relier à ce qui a été dit des semaines plus tôt. La note sert à garder ces fils. Elle permet de retrouver quand un thème est apparu, comment il s'est transformé, et ce qui se passait alors dans la relation thérapeutique.
Elle sert aussi à suivre le cadre. Les absences, les retards, les demandes de changement d'horaire ou les difficultés de paiement sont souvent porteurs de sens dans cette approche. Les noter permet de les reprendre au bon moment.
Quand l'utiliser
Pour les séances de psychothérapie d'orientation psychodynamique, le plus souvent en face-à-face à raison d'une ou deux séances par semaine, et pour les cures de type psychanalyse. Les premiers entretiens, où l'on évalue la demande et l'indication, appellent une trame plus large, proche de l'anamnèse.
Le cadre
En France, le code de déontologie des psychologues (version de 2021) impose le secret professionnel (article 7), qui couvre ce qui est confié mais aussi ce qui est vu, entendu ou compris. L'article 23 distingue les notes personnelles et demande de les recueillir, classer et archiver de façon à protéger la vie privée et le secret. L'article 8 limite les échanges entre professionnels, y compris en supervision, aux informations strictement utiles, et demande de prévenir les personnes concernées quand c'est possible.
La frontière entre notes personnelles et dossier compte beaucoup dans cette approche, mais elle protège moins qu'on ne le croit. En établissement de santé, les éléments versés au dossier relèvent du droit d'accès de l'article L1111-7 du code de la santé publique. En libéral, le RGPD donne à toute personne un droit d'accès aux données qui la concernent. En Belgique, la Commission des psychologues rappelle que, depuis le 4 mars 2024, le patient peut consulter tout son dossier, annotations personnelles comprises, sauf les données concernant des tiers. En Suisse, le code de la FSP reconnaît aussi au patient le droit de consulter son dossier.
Conséquence pratique, gardez pour la supervision ce qui relève de votre élaboration intime, et ne mettez dans la note que ce que vous pourriez expliquer au patient. Limitez les éléments sur des tiers à ce qui éclaire le travail.
La trame, rubrique par rubrique
En-tête
Date, numéro de séance, durée, dispositif (face-à-face ou divan, rythme hebdomadaire). Ajoutez tout événement du cadre, comme un retard, une séance manquée, une demande de changement ou une question de paiement.
Ce que le patient apporte
Les thèmes abordés, dans l'ordre où ils sont venus, avec quelques mots du patient quand ils sont parlants. Les rêves, en résumé bref, et les associations qu'il en fait. Les oublis, lapsus ou silences qui ont marqué la séance. L'ordre compte, car l'enchaînement des thèmes est souvent aussi parlant que les thèmes eux-mêmes.
Affects et manière d'être en séance
Ce que vous avez observé de l'état émotionnel du patient et de sa façon de parler. Rire en évoquant un événement douloureux, débit qui s'accélère sur un sujet, difficulté à commencer la séance. Décrivez sans interpréter.
Relation thérapeutique
Ce qui se joue avec vous, que l'on appelle le transfert. Le patient vous attribue-t-il une attente, un reproche, une bienveillance ? Répète-t-il avec vous une façon d'être en lien qu'il décrit ailleurs ? Notez aussi, brièvement et sobrement, vos propres réactions quand elles éclairent la séance (le contre-transfert), en gardant à l'esprit que la note peut être lue.
Interventions du praticien
Ce que vous avez dit et ce que le patient en a fait. Une clarification, une mise en lien entre deux thèmes, une interprétation. La réaction du patient (acquiescement, silence, rejet, nouveau souvenir) est une information clinique en soi.
Hypothèses de travail
Votre compréhension provisoire, formulée au conditionnel ou introduite par « hypothèse ». Quel conflit semble à l'œuvre ? Quelle répétition se dessine ? Elles seront confirmées ou abandonnées au fil des séances.
Évolution et points de vigilance
Ce qui change dans la durée, sur le plan des symptômes, de la vie du patient et de son rapport au travail thérapeutique. L'évaluation du risque si elle a été faite, avec la réponse du patient.
Exemple rempli
Patiente fictive. Mme B., 38 ans, enseignante, consulte depuis sept mois pour un sentiment d'épuisement et des relations amoureuses qu'elle décrit comme « toujours les mêmes ». Une séance par semaine, en face-à-face.
En-tête. 8 octobre, séance n° 27, 45 minutes. Arrivée avec dix minutes de retard, pour la deuxième fois ce mois-ci. Elle s'en excuse longuement.
Ce que la patiente apporte. Commence par une dispute avec une collègue qui lui a reproché d'avoir laissé un dossier en plan. « Je n'arrive jamais à dire non, et après on m'en veut. » Évoque ensuite sa mère, qui l'a appelée pour lui demander de garder ses neveux pendant les vacances, ce qu'elle a accepté. Raconte un rêve de la semaine, elle est dans une gare et rate un train parce qu'elle aide quelqu'un à porter ses valises. Associe sur le fait qu'elle « rate toujours quelque chose » pour les autres. Long silence en fin de séance.
Affects et manière d'être. Ton léger au début, rires en racontant la dispute. Voix plus basse en parlant de sa mère. Larmes pendant le récit du rêve, qu'elle essuie rapidement en disant « ce n'est rien ».
Relation thérapeutique. Excuses très appuyées pour le retard, comme si elle attendait un reproche. Elle demande à la fin si elle « n'a pas trop parlé ». Hypothèse d'une crainte de décevoir qui se rejoue aussi en séance.
Interventions. Mise en lien entre le rêve et les situations de la semaine, toutes deux marquées par l'aide aux autres au détriment de ce qu'elle veut. Elle reste silencieuse, puis évoque un souvenir d'enfance où elle s'occupait de son frère cadet pendant les absences de sa mère.
Hypothèses de travail. Une place de « celle qui aide » qui semble ancienne et qui la protège peut-être de la peur d'être rejetée. Les retards pourraient dire quelque chose de sa difficulté à prendre une place pour elle, y compris ici. À reprendre si cela se confirme.
Évolution et vigilance. Elle parle plus librement de sa colère qu'au début du travail. Fatigue toujours présente, sommeil correct. Pas d'idées suicidaires lors du dernier point fait en séance 24. Prochaine séance le 15 octobre.
Les erreurs fréquentes
- Écrire une hypothèse comme un fait. « Elle répète sa relation à sa mère » devient « hypothèse d'une répétition de la relation à sa mère ».
- Confondre note de dossier et élaboration personnelle. Ce qui relève de votre travail intime sur la séance a sa place en supervision, pas dans le dossier.
- Utiliser un jargon opaque. Un terme théorique non expliqué rend la note illisible pour un confrère comme pour le patient.
- Oublier le cadre. Retards, absences et questions d'argent font partie du matériel clinique dans cette approche.
- Ne jamais noter l'évaluation du risque. Même dans un travail centré sur le sens, l'état du patient doit pouvoir être retrouvé.
Gagner du temps avec Delta
Delta est l'assistant clinique des professionnels de santé mentale et du paramédical. Pendant la séance, Delta transcrit ce qui se dit. Vous pouvez aussi dicter vos observations après la séance, ce qui convient à beaucoup de praticiens d'orientation psychanalytique, et ajouter des notes écrites. Delta génère ensuite le compte rendu de séance (résumé court, résumé détaillé, sujets pour la prochaine séance) en tenant compte de votre approche, dont l'approche psychodynamique, et met à jour le dossier du patient avec la synthèse du suivi et les objectifs suivis. Les données sont hébergées en France chez un hébergeur certifié HDS, le nom du patient et les informations identifiantes sont pseudonymisés avant l'IA, aucun fichier audio n'est conservé et les données ne servent jamais à entraîner un modèle. Découvrir Delta en détail.
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Que noter après une séance de psychothérapie psychanalytique ?
Les thèmes apportés par le patient et leur ordre, les rêves et associations en résumé, ce que vous avez observé de ses affects, ce qui se joue dans la relation avec vous, vos interventions et sa réaction, puis vos hypothèses de travail et les événements du cadre.
Faut-il noter le contre-transfert dans le dossier ?
Seulement de façon brève et sobre, quand vos réactions éclairent la séance. Le patient peut accéder à son dossier dans de nombreuses situations.
Les notes personnelles du psychologue sont-elles accessibles au patient ?
Cela dépend du pays et du lieu d'exercice. En Belgique, depuis le 4 mars 2024, le patient peut consulter tout son dossier, annotations personnelles comprises. En France, en établissement de santé, ce qui est versé au dossier relève de l'article L1111-7 du code de la santé publique, et le RGPD prévoit un droit d'accès aux données personnelles. Partez du principe que vos notes peuvent être lues.
Peut-on utiliser une note DAP en psychodynamique ?
Oui, certains praticiens le font. Les données accueillent le matériel de la séance, l'analyse accueille les hypothèses et la relation thérapeutique, le plan accueille ce qui reste à reprendre. La trame proposée ici est plus fidèle à la logique de l'approche, notamment pour la relation et le cadre.
Sources
- Code de déontologie des psychologues, version actualisée de 2021
- Psycom, brochure Thérapies psychanalytiques
- CNIL, comment répondre à une demande de droit d'accès
- Commission des psychologues (Belgique), Le Courrier déontologique consacré au dossier patient, avril 2025
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