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Note DAP : modèle, trame et exemple pour psychologues

Modèle de note DAP (Données, Analyse, Plan) pour psychologues, avec la trame rubrique par rubrique, un exemple rempli, le cadre déontologique et les erreurs à éviter.

Pays concernés : Belgique, Suisse, France

La note DAP est un format de note de séance organisé en trois rubriques, Données, Analyse et Plan. Le praticien y consigne ce qui s'est passé pendant la séance, ce qu'il en comprend, puis ce qui est prévu pour la suite. Le sigle vient de l'anglais (Data, Assessment, Plan), où ce format est très répandu chez les psychologues et les conseillers.

Elle s'adresse aux psychologues, psychothérapeutes et praticiens en santé mentale qui veulent une note courte, rédigée juste après la séance, lisible par un confrère et utile pour reprendre le fil la fois suivante. Vous trouverez ici la trame, un exemple rempli et le cadre à respecter en France, en Belgique et en Suisse.

À quoi sert la note DAP

La note DAP garde une trace fiable de chaque séance. Elle sert d'abord au praticien lui-même. En relisant le plan de la séance précédente, vous savez en une minute ce qui devait être repris, quelles tâches avaient été proposées et quels points étaient à surveiller.

Elle rend aussi l'évolution visible. Comme chaque note suit la même structure, on compare facilement les séances, et l'on rédige plus sûrement un courrier ou une synthèse de fin de suivi.

Quand l'utiliser

Le format DAP convient aux séances de suivi, quelle que soit votre approche. Il est moins adapté au premier entretien, qui demande une anamnèse plus large, et aux entretiens de crise, qui appellent une évaluation du risque plus détaillée. Pour ces situations, utilisez une trame dédiée.

On le compare souvent à la note SOAP (Subjectif, Objectif, Analyse, Plan). La différence tient à la première partie. La note SOAP sépare ce que rapporte le patient de ce qu'observe le clinicien, alors que la note DAP regroupe les deux dans la rubrique Données. En psychothérapie, où l'essentiel du matériel vient de ce que le patient dit, ce regroupement est souvent plus naturel et plus rapide. Pour voir la même séance rédigée en SOAP, DAP et BIRP, lisez notre comparatif des formats de note de séance.

Le cadre

En France, le code de déontologie des psychologues, dans sa version actualisée de 2021, rappelle que le psychologue est tenu au secret professionnel dans les conditions prévues par le code pénal (articles 226-13 et 226-14). Ce secret couvre ce qui est confié, mais aussi ce qui est vu, entendu ou compris pendant l'exercice. L'article 23 demande de recueillir, classer et archiver les notes personnelles de façon à protéger la vie privée et le secret. L'article 8 limite les échanges entre professionnels aux informations strictement utiles.

Qui peut lire vos notes ? Dans un établissement de santé, les éléments versés au dossier du patient relèvent de l'article L1111-7 du code de la santé publique. Le patient peut y accéder, et la communication doit intervenir au plus tard huit jours après la demande, ou deux mois si les informations datent de plus de cinq ans. En libéral, le RGPD (article 15) donne à toute personne un droit d'accès aux données qui la concernent.

En Belgique, la Commission des psychologues précise que, depuis le 4 mars 2024, le patient peut consulter l'intégralité de son dossier, y compris les annotations personnelles, à l'exception des données qui concernent des tiers. La demande doit être traitée dans les quinze jours. En Suisse, le code de déontologie de la FSP demande des notes suffisantes, une conservation d'au moins dix ans, et reconnaît au patient le droit de consulter son dossier.

En pratique, cela veut dire quatre choses. Décrivez des faits plutôt que des jugements. Formulez les hypothèses comme des hypothèses. Ne notez que ce qui sert le suivi. Limitez au maximum les informations sur des tiers identifiables.

La trame, rubrique par rubrique

En-tête

Date, numéro de la séance, durée, modalité (cabinet ou visio) et personnes présentes. Elles permettent de retrouver une séance précise plus tard.

D comme Données

C'est la partie factuelle. Vous y notez ce que le patient rapporte (ce qui l'amène aujourd'hui, les événements depuis la dernière séance, le résultat des exercices proposés), ce que vous observez (présentation, état émotionnel, attitude pendant l'entretien) et ce que vous avez fait (techniques utilisées, thèmes travaillés, questionnaires passés). Une courte citation entre guillemets peut être utile quand elle dit quelque chose qu'un résumé perdrait. Pas d'interprétation dans cette rubrique.

A comme Analyse

C'est votre lecture clinique des données. Où en est le patient par rapport à ses objectifs ? Qu'est-ce qui a changé depuis la dernière séance ? Quelles hypothèses de travail se dessinent ? Notez aussi les points de vigilance, et l'évaluation du risque quand vous l'avez faite, avec la réponse du patient. N'ajoutez pas ici de faits nouveaux. Tout ce qui fonde votre analyse doit déjà figurer dans les données.

P comme Plan

C'est ce qui est convenu pour la suite. Date ou rythme des prochaines séances, thèmes à reprendre, exercices proposés entre les séances, orientation ou contact prévu avec un autre professionnel (avec l'accord du patient), ajustement des objectifs. Il doit être assez précis pour guider la séance suivante.

Exemple rempli

Patiente fictive. Mme L., 34 ans, cheffe de projet, consulte pour une anxiété au travail apparue après une réorganisation de son service. Suivi hebdomadaire.

En-tête. 14 octobre, séance n° 5, 50 minutes, au cabinet. Mme L. seule.

Données. Mme L. dit avoir mieux dormi cette semaine, avec des réveils nocturnes deux nuits sur sept, contre presque toutes les nuits la semaine précédente. Lundi, elle est intervenue en réunion d'équipe pour présenter l'avancement de son projet, ce qu'elle évitait depuis deux mois. Jeudi, un message de sa responsable lui demandant de « faire le point rapidement » a entraîné une forte montée d'anxiété et des ruminations jusqu'au soir. « J'ai passé la soirée à relire ce mail. » En séance, elle est souriante au début, sa voix se serre quand elle évoque sa responsable, et elle pleure brièvement. Nous avons repris son carnet d'observation, puis détaillé la situation de jeudi et ce qu'elle se dit dans ces moments.

Analyse. Progrès net sur l'évitement des réunions, qui correspond au premier objectif fixé ensemble (reprendre sa place dans les échanges d'équipe). L'anxiété reste forte dans la relation avec sa responsable. Hypothèse de travail, une crainte d'être jugée incompétente qui nourrit les relectures et les ruminations. Le sommeil s'améliore. Question posée sur d'éventuelles idées suicidaires, réponse négative, pas d'élément d'inquiétude à ce stade.

Plan. Prochaine séance le 21 octobre. Reprendre la relation avec sa responsable et préparer l'entretien annuel prévu en novembre. Exercice proposé, noter dans le carnet deux situations où l'anxiété monte, avec ce qu'elle se dit à ce moment et ce qu'elle fait ensuite. Point sur les objectifs prévu à la séance 8.

Les erreurs fréquentes

  • Mélanger données et analyse. « Elle minimise ses difficultés » est une interprétation. Sa place est dans l'analyse, appuyée sur des faits décrits plus haut.
  • Recopier toute la séance. La note n'est pas un compte rendu mot à mot. Gardez ce qui sert le suivi.
  • Un plan trop vague. « Poursuivre le suivi » ne dit rien. Indiquez ce qui sera repris et ce qui a été proposé.
  • Des jugements ou des étiquettes. Préférez la description d'un comportement à un qualificatif sur la personne.
  • Trop de détails sur des tiers. Conjoint, collègues ou enfants peuvent apparaître, mais seulement pour ce qui éclaire la situation du patient.
  • Ne pas noter l'évaluation du risque. Si la question a été posée, la réponse doit figurer dans la note.

Gagner du temps avec Delta

Delta est l'assistant clinique des professionnels de santé mentale et du paramédical. Pendant la séance, Delta transcrit ce qui se dit. Vous pouvez aussi dicter vos observations après la séance et ajouter des notes écrites. Delta génère ensuite le compte rendu de séance (résumé court, résumé détaillé, sujets pour la prochaine séance), tient compte de votre profession et de votre approche, et met à jour le dossier du patient avec la synthèse du suivi et les objectifs suivis. Les données sont hébergées en France chez un hébergeur certifié HDS, le nom du patient et les informations identifiantes sont pseudonymisés avant l'IA, aucun fichier audio n'est conservé et les données ne servent jamais à entraîner un modèle. Découvrir Delta en détail.

À lire aussi

Quelle est la différence entre une note DAP et une note SOAP ?

Les deux finissent par une analyse et un plan. La note SOAP sépare ce que rapporte le patient (Subjectif) de ce qu'observe le clinicien (Objectif). La note DAP réunit les deux dans une seule rubrique Données. La DAP est souvent plus rapide à rédiger en psychothérapie, la SOAP plus courante en milieu médical.

Le patient peut-il lire mes notes DAP ?

Oui, dans de nombreux cas. En établissement de santé en France, ce qui est versé au dossier relève du droit d'accès de l'article L1111-7 du code de la santé publique. En libéral, le RGPD prévoit un droit d'accès aux données personnelles. En Belgique, le patient peut consulter son dossier, annotations personnelles comprises, depuis le 4 mars 2024. Rédigez donc chaque note pour qu'elle puisse être lue par le patient.

Peut-on utiliser le format DAP pour un premier entretien ?

C'est possible, mais peu pratique. Le premier entretien demande de recueillir l'histoire du patient, sa demande, son contexte de vie et ses antécédents. Une trame d'anamnèse est plus adaptée. Le format DAP prend le relais dès la deuxième séance.

Combien de temps faut-il conserver les notes DAP ?

En France, le code de déontologie des psychologues ne fixe pas de durée. Il demande d'archiver les notes en protégeant la vie privée et le secret. En établissement, suivez les règles de conservation du dossier patient. En Suisse, le code de la FSP prévoit au moins dix ans. En Belgique, la Commission des psychologues indique au minimum trente ans et au maximum cinquante ans après le dernier contact pour les psychologues cliniciens.

Sources

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