Note de séance avec un enfant ou un adolescent : modèle, trame et exemple
Une trame de note de séance pensée pour les mineurs, avec la place des parents, l'autorité parentale, les échanges avec l'école, la sécurité de l'enfant et un exemple complet.
Pays concernés : Belgique, Suisse, France
La note de séance avec un enfant ou un adolescent est le document dans lequel le psychologue garde la trace d'une séance avec un mineur. Elle réunit ce que l'enfant a exprimé ou montré, ce que les parents ont rapporté, les échanges éventuels avec l'école et la suite prévue.
Elle diffère d'une note d'adulte sur trois points. Plusieurs personnes interviennent (l'enfant, les parents, parfois l'école), le cadre est celui de l'autorité parentale, et l'enfant s'exprime souvent par le jeu ou le dessin plus que par les mots. Ce modèle s'adresse aux psychologues qui suivent des mineurs en libéral, en CMP, en CMPP ou en établissement.
À quoi sert la note de séance avec un enfant ou un adolescent
Elle sert d'abord à suivre l'évolution. Chez l'enfant, les changements passent souvent par des détails (un dessin plus organisé, un jeu qui change de thème, un sommeil qui revient) qui se perdent sans trace écrite.
Elle sert ensuite à préparer les entretiens avec les parents, pour leur rendre compte de façon juste sans trahir ce que l'enfant a confié. Enfin, elle documente le cadre du suivi (qui a demandé la consultation, qui a donné son accord, ce qui a été transmis et à qui), une trace précieuse en cas de séparation conflictuelle.
Quand l'utiliser
Après chaque séance avec l'enfant, chaque entretien avec les parents et chaque échange avec un tiers (enseignant, médecin, éducateur), idéalement le jour même.
Le cadre déontologique et juridique
Le consentement de l'enfant et des parents
Le code de déontologie des psychologues de 2021 (article 11) demande de s'assurer autant que possible du consentement du mineur et de rechercher l'autorisation de ses représentants légaux, dans le respect des règles de l'autorité parentale.
Quand un seul parent fait la demande, la Commission nationale consultative de déontologie des psychologues (CNCDP, avis n° 2024-10) distingue quelques séances ponctuelles à visée préventive, qu'un parent peut engager seul, d'une psychothérapie régulière et longue, qui relève d'un autre régime. Le psychologue doit pouvoir montrer qu'il a cherché à informer l'autre parent et communiquer de façon équitable avec les deux. Notez la date et la forme de ces démarches.
Le secret professionnel face aux parents
Le secret professionnel (article 7 du code) couvre aussi ce que l'enfant confie. Les parents sont informés des objectifs, du déroulement et des limites du suivi, pas du contenu des séances. Expliquez cette règle dès le premier rendez-vous, devant l'enfant, en précisant ce qui serait partagé en cas de danger.
L'école et les autres professionnels
L'article 8 du code limite les échanges avec d'autres professionnels aux informations strictement nécessaires, après information des personnes concernées. Pour un mineur, parlez-en aux parents et, selon son âge, à l'enfant. Notez ce qui a été dit et à qui.
La protection de l'enfance
Si un enfant semble en danger ou en risque de l'être, la démarche en France est d'adresser une information préoccupante à la cellule départementale de recueil des informations préoccupantes (CRIP). En cas de danger grave et immédiat, le signalement va au procureur de la République, avec copie à la CRIP. En cas de doute, le 119 (Allô enfance en danger), gratuit et joignable jour et nuit, peut vous conseiller. Consignez les faits, les mots exacts de l'enfant et les démarches datées.
Qui peut lire ces notes
Pour les informations de santé détenues par un établissement ou un professionnel de santé, le droit d'accès de l'article L1111-7 du code de la santé publique est exercé, pour un mineur, par les titulaires de l'autorité parentale. En libéral, la personne dispose au minimum du droit d'accès prévu par le RGPD. La note doit donc pouvoir être relue par les parents, ou par l'enfant devenu adulte, sans les blesser ni exposer un tiers. En Belgique et en Suisse, référez-vous aux règles de votre pays.
La trame, rubrique par rubrique
1. Informations de la séance
Date, durée, numéro de séance et personnes présentes. Précisez si une partie de la séance s'est faite sans l'enfant. Préférez le prénom ou les initiales au nom complet.
2. Ce que rapportent les parents
Les nouvelles depuis la dernière séance (sommeil, école, fratrie, événements familiaux), attribuées clairement (« la mère rapporte que… ») pour ne pas les confondre avec vos observations.
3. Ce que dit et montre l'enfant
Les thèmes abordés, quelques mots de l'enfant entre guillemets et ses productions (dessin, jeu). Décrivez avant d'interpréter. Écrivez « le dessin montre une maison sans porte » plutôt que « l'enfant se sent enfermé ».
4. Vos observations
Contact, attention, agitation ou calme, réaction à la séparation d'avec le parent, changements depuis les séances précédentes. Pour un adolescent, ajoutez son rapport au cadre (retards, silences) et la façon dont il parle de lui.
5. Interventions
Ce que vous avez proposé (jeu, dessin, échange) et la réaction de l'enfant, en une ou deux phrases.
6. Hypothèses de travail
Vos réflexions, formulées comme des pistes à vérifier, sans étiquette diagnostique non établie. Si un bilan est envisagé, notez la question qu'il devra éclairer.
7. Liens avec l'école et les tiers
Contacts prévus ou réalisés, informations transmises, accord des parents et information de l'enfant.
8. Sécurité
Une ligne à chaque séance, même pour écrire « aucun élément d'inquiétude ». Sinon, les faits, les mots de l'enfant et ce que vous avez fait.
9. Suite
Prochain rendez-vous, entretien avec les parents à prévoir, thèmes à reprendre, documents à demander.
Exemple rempli
Séance 5. Lucas, 9 ans, CM1. Patient fictif. Séance de 45 minutes, la mère présente les dix premières minutes. Parents séparés, autorité parentale conjointe. Père informé par courriel le 3 mars, accord écrit le 6 mars.
Ce que rapporte la mère. Endormissements encore longs les soirs d'école, autour d'une heure. Pas d'incident à la cantine depuis trois semaines. Selon l'enseignante, Lucas participe davantage en classe.
Ce que dit et montre Lucas. Il choisit de dessiner la cour de récréation, avec un groupe de garçons et un personnage seul près du grillage qu'il appelle « le nouveau ». Il dit « avant c'était moi, maintenant c'est Noah ». Il parle avec plaisir de son ami Sami. Il décrit le passage d'une maison à l'autre le dimanche soir comme « le moment où ça serre dans le ventre ».
Observations. Bon contact, se sépare facilement de sa mère. Plus détendu qu'aux séances précédentes, joue spontanément.
Interventions. Échange autour du dessin et de la place de chacun dans la cour. Travail sur les moments où « ça serre », avec une échelle de 1 à 10 dessinée ensemble. Lucas place le dimanche soir à 7.
Hypothèses de travail. L'inquiétude semble se concentrer sur les transitions entre les deux domiciles plus que sur l'école, où l'intégration progresse. À explorer avec les deux parents, sans conclure à ce stade.
École et tiers. Les parents souhaitent un contact avec l'enseignante. Proposition d'en parler d'abord avec Lucas.
Sécurité. Aucun élément d'inquiétude.
Suite. Prochaine séance le 14 avril. Entretien proposé aux deux parents, ensemble ou séparément, sur les transitions du dimanche.
Les erreurs fréquentes
- Mélanger dans un même paragraphe ce que disent les parents, ce que dit l'enfant et ce que vous observez.
- Prendre parti dans un conflit entre parents, par exemple en portant un jugement sur un parent jamais rencontré. Le code (article 13) limite l'évaluation aux personnes rencontrées.
- Ne pas noter qui a donné son accord au suivi et qui a été informé.
- Recopier mot pour mot des confidences qui n'apportent rien au suivi et mettraient l'enfant en difficulté si ses parents lisaient la note.
- Poser une étiquette diagnostique dès les premières séances, sans bilan.
- Oublier la rubrique sécurité, ou ne pas dater les démarches faites en cas d'inquiétude.
Gagner du temps avec Delta
Delta est l'assistant clinique des professionnels de santé mentale et du paramédical. Pendant la séance, Delta transcrit ce qui se dit. Vous pouvez aussi dicter vos observations après la séance et ajouter des notes écrites, utiles pour décrire un dessin ou un jeu. Delta génère ensuite le compte rendu de séance (résumé court, résumé détaillé, sujets pour la prochaine séance) en tenant compte de votre profession et de votre approche, et met à jour le dossier du patient avec la synthèse du suivi et les objectifs suivis. Les données sont hébergées en France chez un hébergeur certifié HDS, le nom du patient et les informations identifiantes sont pseudonymisés avant l'IA, aucun fichier audio n'est conservé et les données ne servent jamais à entraîner un modèle. Découvrir Delta.
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Faut-il l'accord des deux parents pour suivre un enfant chez le psychologue ?
Le code de déontologie demande de rechercher l'autorisation des représentants légaux. Selon la CNCDP, quelques séances ponctuelles à visée préventive peuvent être engagées par un seul parent, mais une psychothérapie régulière et longue relève d'un autre régime. Il est alors prudent d'obtenir l'accord des deux parents, ou au moins de pouvoir montrer que vous avez cherché à informer l'autre.
Les parents peuvent-ils lire les notes de séance de leur enfant ?
Ils peuvent exercer un droit d'accès au nom de leur enfant mineur, selon le cadre dans lequel vous exercez (code de la santé publique ou RGPD). Rédigez donc chaque note comme si elle pouvait être lue par eux, sans jugement sur les personnes.
Que dire aux parents de ce que l'enfant confie en séance ?
Le secret professionnel s'applique aussi face aux parents. Parlez-leur des objectifs, de l'évolution générale et des pistes pour aider à la maison, sans rapporter le contenu des séances. Fixez cette règle dès le premier rendez-vous, devant l'enfant.
Un psychologue peut-il échanger avec l'école d'un enfant ?
Oui, en partageant uniquement les informations strictement nécessaires, après avoir informé les personnes concernées (article 8 du code de déontologie). Demandez l'accord des parents, parlez-en à l'enfant et notez ce qui a été transmis.
Sources
- Code de déontologie des psychologues, version 2021
- CNCDP, avis n° 2024-10 sur le suivi d'enfants et l'accord des parents
- Ministère des Solidarités, cadre de référence sur les enfants en danger, CRIP et 119
- Service-public.gouv.fr, accès au dossier médical
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