Note de séance de guidance parentale : modèle et exemple
Modèle complet de note de guidance parentale, exemple rempli sur deux séances, consentement des deux parents, accès aux notes et séparations conflictuelles, textes à l'appui.
Pays concernés : Belgique, Suisse, France, Royaume-Uni, Irlande
La note de séance de guidance parentale est la trace écrite d'un entretien où le psychologue travaille avec les parents, souvent sans l'enfant, sur leur façon de répondre à ses difficultés. Elle garde ce qui a été rapporté, observé et proposé, et les tâches convenues pour la maison. Elle a souvent deux lecteurs possibles, la mère et le père, parfois en désaccord.
Guidance parentale : définition et différences
Le guide publié en septembre 2025 par la délégation interministérielle à la stratégie nationale pour les troubles du neurodéveloppement (DITND) décrit la guidance parentale comme « une pratique structurée d'accompagnement et de soutien proposée aux parents » (guide DITND 2025-2026). Le couple et l'histoire des parents n'entrent dans la note que s'ils éclairent la question éducative.
- Séance de l'enfant : l'enfant est le patient.
- Guidance parentale : les parents sont vos interlocuteurs, l'enfant est le sujet du travail, souvent absent. La note suit des situations, des objectifs et des tâches.
- Thérapie familiale systémique : la famille est le patient. La note décrit des interactions et des hypothèses sur le système (voir notre note systémique).
- Thérapie de couple : la relation des deux adultes est l'objet du travail. Si la question éducative devient un conflit de couple, dites aux parents que le cadre change.
- Groupe de parents : note brève par famille (présence, module, tâches).
Les cadres utilisés et ce qu'ils changent dans la note
Entraînement aux habiletés parentales
Pour le TDAH, la HAS (recommandation validée le 18 juillet 2024) écrit : « Dès que le diagnostic de TDAH est posé, chez l’enfant ou l’adolescent, il est recommandé de proposer en première intention le suivi d’un programme d’entraînement aux habiletés parentales (PEHP) ». Ces programmes « peuvent être proposés dès qu’un diagnostic est suspecté avant même sa confirmation ». Le format en groupe est à privilégier, mais « il est aussi possible de proposer les PEHP en individuel » (HAS, TDAH, 2024). Le guide DITND cite les programmes Barkley et PEPS.
Dans la note, gardez le module, la revue de chaque tâche, une situation difficile décrite concrètement (avant, comportement, réponse du parent, après) et la nouvelle tâche.
Trouble du spectre de l'autisme
La HAS recommande depuis février 2026 d’évaluer « au moins une fois par an, en collaboration avec les parents, les effets des interventions sur le développement de l’enfant » (HAS, TSA, 2026). Le guide DITND cite pour le TSA des programmes comme PACT, PESDM ou RUBI. Dans la note, indiquez la compétence visée et la situation de la maison où l'on veut la généraliser.
En approche psychodynamique, les tâches sont rares et la note porte sur ce que les parents comprennent de l'enfant. Écrivez avec retenue ce que la situation réveille chez eux.
Ce que l'on note quand l'enfant n'est pas là
- Attribuer chaque fait rapporté. « Selon la mère », « selon le père », « les deux parents décrivent ». Quand les versions divergent, notez les deux sans trancher.
- Séparer le rapporté du constaté. L'article 13 du code de déontologie le rappelle : « L’évaluation relative aux personnes ne peut se réaliser que si la·le psychologue les a elle·lui-même rencontrées » (code de déontologie 2021). Une idée sur le fonctionnement de l'enfant s'écrit donc comme une hypothèse de travail.
- Écrire des tâches observables. Qui fait quoi, quand, combien de fois, et comment on saura que c'est fait. « Être plus patient » ne se suit pas. « Une consigne à la fois, donnée à moins d'un mètre » se suit.
Si un élément inquiétant pour la sécurité de l'enfant apparaît, notez les faits rapportés, leur source et ce que vous avez fait, selon votre cadre habituel de protection de l'enfance.
Autorité parentale et consentement des deux parents
L'article 371-1 du Code civil s'ouvre ainsi : « L'autorité parentale est un ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l'intérêt de l'enfant. » Il se termine par « Les parents associent l'enfant aux décisions qui le concernent, selon son âge et son degré de maturité. » (Légifrance, art. 371-1)
L'article 372-2 prévoit : « A l'égard des tiers de bonne foi, chacun des parents est réputé agir avec l'accord de l'autre, quand il fait seul un acte usuel de l'autorité parentale relativement à la personne de l'enfant. » (Légifrance, art. 372-2) Le texte ne dit pas si un suivi psychologique est un acte usuel, et la question est discutée. Par prudence, si vous savez que l'autre parent s'oppose, nous conseillons de ne pas vous considérer comme tiers de bonne foi.
Le code de déontologie des psychologues de 2021 prévoit à l'article 11 : « Dans le cadre d’une pratique auprès d’un·e mineur·e, la·le psychologue s’assure autant que possible de son consentement. Elle·il recherche l’autorisation des représentants légaux dans le respect des règles relatives à l’autorité parentale. » (code 2021)
Le travail porte sur l'enfant, même absent. Nous conseillons donc de traiter la guidance comme un suivi qui le concerne. Dans son avis 2024-30, rendu le 8 février 2025, la CNCDP attend qu'au premier entretien le psychologue demande si l'autre parent « est informé de la consultation et s’il a donné son accord ». Si ce parent reste injoignable, le suivi peut continuer dans l'intérêt de l'enfant, à condition de pouvoir justifier qu'on a tenté de le joindre (avis CNCDP 2024-30).
Nous conseillons de noter au premier entretien l'exercice de l'autorité parentale tel que les parents le déclarent, l'auteur de la demande, si l'autre parent est informé (comment, quand, sa réponse), l'accord de l'enfant s'il doit être reçu et la règle de confidentialité expliquée. C'est la rubrique 2 du modèle ci-dessous.
Les parents peuvent-ils lire la note ?
Partez du principe que oui. Selon la CNIL, « ce sont les parents (représentants légaux) qui exercent, en principe, les droits du mineur » (CNIL, 2021). Nous conseillons donc ceci.
- n'écrivez sur chaque parent que ce que vous pourriez lui relire en face ;
- ne recopiez les reproches d'un parent sur l'autre que s'ils servent le travail, toujours attribués ;
- gardez à part ce qu'un parent vous confie seul, avec ce que vous avez convenu sur son partage ;
- remplacez les qualificatifs (« mère envahissante », « père démissionnaire ») par la description d'une situation.
Ces repères décrivent le droit français. En Belgique et en Suisse, vérifiez les règles auprès de votre fédération. Pour un enfant suivi en individuel, voyez notre note de séance enfant et adolescent.
Séparation conflictuelle : ce qu'on écrit, ce qu'on n'écrit pas
Quand les parents sont séparés, écrivez en sachant que la note peut être produite devant le juge aux affaires familiales.
À écrire
- les dates de présence de chaque parent ;
- les propositions faites aux deux parents, avec le même contenu ;
- ce que chacun a dit, attribué ;
- les tâches convenues et qui s'en charge ;
- les demandes d'écrit reçues, votre réponse et son motif.
À ne pas écrire
- une appréciation des capacités éducatives d'un parent que vous n'avez pas reçu ;
- une préférence sur la résidence de l'enfant ;
- un diagnostic sur un parent ;
- des propos de l'enfant rapportés par un parent, présentés comme des faits.
Quand un parent demande une attestation
L'article 13 du code de 2021 laisse une marge étroite : « La·le psychologue peut s’autoriser à donner un avis prudent et circonstancié dans certaines situations, sans que celui-ci ait valeur d’évaluation. » L'article 18 demande que les documents du psychologue portent, entre autres, sa signature « ainsi que la·le destinataire et l’objet de son écrit ».
Dans l'avis 2024-30, saisie par un père, la CNCDP relève qu'il manquait l'objet et le destinataire d'une attestation remise à la mère, qui portait sur ce père sans que la psychologue l'ait rencontré. Elle l'invite à transmettre aussi son écrit au père, « dans un souci d’équité et d’impartialité ». Nous conseillons de limiter l'écrit aux faits (dates, nombre de séances, présence de chaque parent) et de noter dans le dossier la demande, votre réponse et à qui vous l'avez remise. Voir notre modèle d’attestation de suivi.
Modèle de note de séance de guidance parentale (à copier)
Les rubriques 2 et 10 se remplissent surtout au premier entretien.
1. Cadre de la séance
- Date, durée, numéro de séance (et numéro dans le programme s'il y en a un)
- Format : individuel, groupe (nom du programme, module), téléconsultation
- Présents : mère, père, autre adulte ; enfant présent ou non, et combien de temps
- Absent : informé ou non, par qui
2. Autorité parentale et consentement
- Exercice de l'autorité parentale déclaré
- Demandeur et origine de la demande
- Autre parent informé : date, moyen, réponse
- Accord de l'enfant s'il est reçu
- Règle de confidentialité expliquée
3. Objectifs en cours
- Objectif 1, formulé en comportement observable, avec une échéance
- Objectif 2
- Où en est-on : atteint, en progrès, inchangé
4. Retour sur les tâches à la maison
- Tâche : faite, en partie, pas faite
- Ce qui a aidé, ce qui a bloqué
- Selon qui (mère, père, les deux)
5. Situations rapportées depuis la dernière séance
- Situation, ce qui précède, ce que fait l'enfant, réponse du parent, ce qui suit
- Source : mère, père, les deux, école rapportée par les parents
6. Observations en séance
- Coordination entre les parents, accords et désaccords
- Réactions aux propositions
- Émotions exprimées
- Interaction parent enfant si l'enfant est présent
7. Ce qui a été travaillé
- Thème et outil (psychoéducation, analyse d'une situation, jeu de rôle, support remis)
- Ce que les parents en retiennent, avec leurs mots
8. Hypothèses de travail
- Une ou deux hypothèses, écrites comme telles, à vérifier
9. Tâches convenues
- Qui, quoi, quand, combien de fois
- Comment on saura que c'est fait (tableau, relevé)
10. Points de vigilance
- Sécurité de l'enfant
- Épuisement d'un parent
- Désaccord persistant entre les parents
- Demande d'écrit reçue
- Confidences d'un parent seul (rubrique distincte, non partagée)
11. Suite
- Date de la prochaine séance, thème prévu
- Contacts prévus (école, médecin) et accord des parents
Exemple fictif rempli sur deux séances
Situation inventée. Noé, 8 ans, a un TDAH diagnostiqué par un pédopsychiatre qui a conseillé une guidance parentale. Ses parents, Sarah L. et Karim L., vivent ensemble. Guidance individuelle inspirée d'un programme d'entraînement aux habiletés parentales, huit séances prévues. Tous les chiffres sont fictifs.
Séance 1 (12 janvier)
- Cadre : séance 1 sur 8, 60 minutes, au cabinet. Présents : Sarah L. et Karim L. Noé absent, non reçu à ce jour.
- Autorité parentale et consentement : autorité conjointe, déclarée par les deux parents. Demande de la mère sur conseil du pédopsychiatre ; père présent et d'accord. Règle posée : ce qui est dit en séance commune est partagé. Noé sera reçu avec ses parents en séance 4, s'il est d'accord.
- Demande : selon la mère, « le matin, tout est conflit, on arrive en retard trois fois par semaine ». Selon le père, le problème principal est le temps des devoirs. Les deux décrivent des cris presque quotidiens.
- Situation rapportée (lundi, selon la mère) : consigne « habille-toi » donnée depuis la cuisine, répétée cinq fois ; elle crie, Noé pleure ; départ à 8 h 25 au lieu de 8 h 10.
- Observations : les parents s'interrompent sur le matin, s'accordent sur les devoirs.
- Travaillé : psychoéducation sur le TDAH (support remis) ; consigne courte, donnée près de l'enfant, une à la fois.
- Hypothèse de travail : les consignes données de loin et répétées nourrissent l'escalade du matin.
- Objectifs (fixés avec les parents) : O1, départ à 8 h 10 au moins 3 matins sur 5 d'ici la séance 4. O2, moins de jours avec cris pendant les devoirs (relevé quotidien oui ou non).
- Tâches : 1) chaque parent donne les consignes du matin à moins d'un mètre, une à la fois ; 2) tableau sur le réfrigérateur, heure de départ et cris aux devoirs, rempli par le parent présent ; 3) dix minutes de jeu choisi par Noé, sans consigne, quatre fois dans la semaine, partagées entre les deux parents.
- Vigilance : fatigue de la mère, à reprendre. Aucun élément inquiétant pour la sécurité de Noé.
- Suite : séance 2 dans deux semaines, thème « attention positive et félicitations ciblées ».
Séance 2 (26 janvier)
- Cadre : séance 2 sur 8, 60 minutes. Présente : Sarah L. Karim L. absent (déplacement professionnel), prévenu, d'accord pour que la séance ait lieu ; résumé des tâches envoyé aux deux parents.
- Retour sur les tâches : tâche 1 faite « presque tous les matins » selon la mère. Tableau : départ à l'heure 3 matins sur 5 la première semaine, 4 sur 5 la deuxième ; cris aux devoirs 5 jours sur 7, puis 4 sur 7. Tâche 3 : faite 3 fois par le père, 1 fois par la mère, qui dit « je n'y arrive pas, j'ai l'impression qu'il ne le mérite pas ».
- Situation rapportée (mercredi, selon la mère) : Noé a préparé son cartable seul après une seule consigne ; elle n'a rien dit.
- Observations : émue en évoquant ses propres souvenirs scolaires ; noté sans développement, à reprendre si elle le souhaite.
- Travaillé : le temps de jeu n'est pas une récompense. Félicitation ciblée, tout de suite, en nommant le comportement. Jeu de rôle sur la scène du cartable.
- Hypothèse de travail : les devoirs restent le lieu de l'escalade. À vérifier avec le père.
- Objectifs : O1 en bonne voie (4 sur 5). O2 en léger progrès.
- Tâches : maintenir 1 et 2 ; tâche 3 répartie à parts égales ; nouvelle tâche 4, une félicitation ciblée par jour, notée dans le tableau.
- Vigilance : recueillir le point de vue du père sur les devoirs en séance 3 ; vérifier qu'il a bien reçu le résumé.
- Suite : séance 3 avec les deux parents, thème « devoirs : découper la tâche et prévoir des pauses ».
Les erreurs fréquentes
- Écrire « Noé est opposant » au lieu de décrire la situation rapportée et sa source.
- Fondre les deux parents en un seul (« les parents disent ») alors qu'ils ne disent pas la même chose.
- Fixer des tâches vagues, ou ne pas les reprendre à la séance suivante.
- Oublier de noter si l'autre parent est informé, et comment.
- Laisser la confidence d'un parent dans le corps de la note commune.
Pourquoi Delta convient à la guidance parentale
Quand les deux parents sont présents, Delta distingue les voix, et la note sépare ce que dit la mère de ce que dit le père. Il transcrit la séance ou part de votre dictée, produit le compte rendu avec les sujets de la prochaine séance et met à jour les objectifs suivis dans le dossier. Le suivi des tâches reste au même endroit. Données hébergées en France chez un hébergeur certifié HDS, aucun fichier audio conservé. Voir Delta pour les psychologues, qu’est-ce que Delta et notre guide pour choisir un logiciel de psychologue.
À lire aussi
Faut-il l'accord des deux parents pour faire de la guidance parentale ?
Le code de déontologie de 2021 (article 11) demande de rechercher l'autorisation des représentants légaux d'un mineur. Nous conseillons d'informer l'autre parent et de noter sa réponse dès le premier entretien. Selon la CNCDP (avis 2024-30), si ce parent reste injoignable, le suivi peut continuer si vous pouvez justifier de vos tentatives pour le joindre.
Un parent séparé peut-il demander à lire mes notes de guidance ?
Partez du principe que oui. Selon la CNIL, les parents exercent en principe les droits de leur enfant mineur. Écrivez chaque note comme si l'un ou l'autre pouvait la lire.
Que faire si un parent me demande une attestation pour le juge aux affaires familiales ?
Nous conseillons de limiter l'écrit aux faits (dates, nombre de séances, présence de chaque parent), d'indiquer l'objet et le destinataire, et de n'évaluer aucun parent que vous n'avez pas rencontré (article 13 du code de 2021). Dans l'avis 2024-30, la CNCDP invite à transmettre aussi l'écrit à l'autre parent.
Un dossier commun ou un dossier par parent en guidance parentale ?
Nous conseillons un dossier de guidance unique, au nom de l'enfant ou de la famille, avec une rubrique distincte pour ce qu'un parent dit seul. Si un parent vient ensuite travailler sur lui-même, ouvrez un dossier individuel séparé, car ce n'est plus de la guidance.
Sources
- Code civil, article 371-1, Légifrance (version en vigueur depuis le 21 février 2024)
- Code civil, article 372-2, Légifrance (en vigueur depuis le 5 mars 2002)
- Code de déontologie des psychologues, version consolidée du 9 septembre 2021
- HAS, TDAH : diagnostic et interventions thérapeutiques auprès des enfants et adolescents, recommandation, juillet 2024
- DITND, Guidance parentale dans les troubles du neurodéveloppement 2025-2026, septembre 2025
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