Plan de traitement en psychothérapie : modèle et exemples remplis
Modèle complet de plan de traitement à copier, exemple TCC et exemple intégratif remplis, objectifs SMART, révision, liste de vérification et ce que disent le code des psychologues et la BACP.
Pays concernés : Belgique, Suisse, France, Royaume-Uni, Irlande
Un plan de traitement en psychothérapie est le document qui fixe, avec le patient, ce que la thérapie cherche à changer, comment on s'y prend, à quel rythme et comment on saura que cela avance. Il traduit la formulation de cas en buts, en objectifs mesurables et en interventions, puis il est relu à des dates prévues à l'avance.
Plan de traitement, formulation, contrat, note de séance : qui fait quoi
Le terme est surtout courant sur les sites américains, où il est lié aux exigences des assureurs. En Europe, il sert d'abord au praticien et au patient.
- Formulation de cas : elle explique pourquoi le problème existe et se maintient. Le plan en découle. Voir notre modèle de formulation de cas en 5 P.
- Contrat thérapeutique : il fixe le cadre (honoraires, annulations, confidentialité, fin du suivi). Le plan fixe le contenu clinique. Voir notre modèle de contrat thérapeutique.
- Note de séance : elle décrit une séance. Le plan donne la direction de toutes les séances, et chaque note peut dire où l'on en est par rapport à lui. Voir notre modèle de note de séance TCC.
- Anamnèse du premier entretien : elle rassemble les informations de départ. Le plan s'écrit en général après un à trois entretiens. Voir notre trame d’anamnèse.
- Projet thérapeutique individualisé (PTI) : à l'hôpital psychiatrique, la HAS le décrit comme « l'ensemble des soins relationnels, techniques et chimiothérapiques proposés au patient ». C'est un document d'équipe. En psychomotricité, le PTI est encore autre chose (notre modèle de PTI en psychomotricité).
- « Plan de traitement » belge de la loi de 1990 : le formulaire diffusé par les tribunaux belges concerne un traitement volontaire sous conditions dans le cadre de la loi du 26 juin 1990, signé notamment par le médecin chargé du traitement. Ce n'est pas un plan de psychothérapie.
Est-ce obligatoire ?
France
Nous n'avons trouvé aucun texte qui impose au psychologue ou au psychothérapeute libéral un document nommé « plan de traitement ». Le code de déontologie des psychologues (version 2021) pose en revanche deux règles qui touchent directement ce document. L'article 9 dit que le psychologue « recherche systématiquement le consentement libre et éclairé de ceux qui la·le consultent » et qu'il les « informe de façon claire et intelligible des objectifs, des modalités, du coût éventuel et des limites de son intervention ». L'article 18 précise que ses documents « sont datés, portent son identité, son titre, son numéro d’inscription sur les registres légaux en vigueur, ses coordonnées professionnelles, sa signature ainsi que la·le destinataire et l'objet de son écrit ».
Un plan écrit et partagé est donc une façon simple de montrer que l'information de l'article 9 a été donnée. Nous conseillons de le dater et de le signer comme tout autre document, même s'il reste dans le dossier.
Royaume-Uni
Pour les membres de la BACP, le Ethical Framework 2026 est obligatoire à partir du 3 novembre 2026 à midi selon la page de présentation de la BACP (le texte lui-même indique une prise d'effet au 1er novembre 2026). Il demande de « provide people with a record of our working agreement » (point 1.2 b) et de tenir des notes qui « are factual, adequate and relevant for the type of service offered » (point 3.2 a). Le texte ne parle pas de plan de traitement. Un plan court, remis au client, répond pourtant bien à ces deux points.
Belgique, Suisse, Irlande
Nous n'avons pas lu de texte propre à ces pays sur ce document précis. Nous conseillons de vérifier auprès de votre commission, fédération ou association professionnelle avant de présenter le plan comme une exigence.
Les rubriques d'un plan utile
Un plan utile répond à cinq questions : qu'est-ce qui amène la personne, qu'est-ce qu'on veut changer, comment, à quel rythme, et comment on saura que cela a changé.
- Buts : ce que le patient veut obtenir, dans ses mots. Deux ou trois suffisent.
- Objectifs : des étapes vers chaque but, qui sont SMART, c'est-à-dire spécifiques, mesurables, atteignables, réalistes et datés. On peut dater en semaines ou en numéro de séance.
- Indicateurs : la façon de mesurer chaque objectif (carnet, échelle de 0 à 10 remplie par le patient, questionnaire validé, observation en séance). Gardez la même unité de temps du début à la fin.
- Interventions : ce que vous allez faire, nommé selon votre approche (exposition graduée, travail sur les schémas, élaboration du lien, séances conjointes…).
- Forces et ressources : ce sur quoi la thérapie peut s'appuyer.
- Révision et fin : les dates où l'on refait le point, et ce qui permettra de dire que la thérapie peut s'arrêter ou changer de forme.
En approche psychodynamique, humaniste ou systémique, on écrit plutôt des objectifs de processus, comme le montre l'exemple intégratif plus bas.
Modèle complet de plan de traitement à copier
Copiez ce modèle dans votre logiciel ou votre traitement de texte. Supprimez les rubriques qui ne servent pas à votre pratique.
1. Identification
- Patient : nom, prénom, date de naissance (ou code dans le dossier)
- Praticien : nom, titre, numéro d'inscription sur les registres légaux (psychologue en France), coordonnées
- Date du plan et numéro de version (V1, V2…)
- Cadre : individuel, couple, famille ou groupe ; cabinet ou visioconférence
2. Demande et situation
- Demande du patient, dans ses mots, entre guillemets
- Problèmes actuels : fréquence, durée, retentissement (travail, relations, sommeil)
- Hypothèse de travail ou formulation résumée en trois ou quatre lignes
- Diagnostic, s'il a été posé par un professionnel habilité, avec sa source
- Traitements en cours et autres intervenants (médecin traitant, psychiatre)
3. Forces et ressources
- Ressources personnelles, entourage, activités qui aident déjà
4. Buts et objectifs
- But 1 : …
- Objectif 1.1 : quoi, combien, d'ici quand
- Indicateur 1.1 : outil de mesure, valeur de départ, valeur visée
- But 2 : … (même structure)
- But 3 : … (même structure, facultatif)
5. Interventions prévues
- Approche principale et techniques, reliées à chaque but
- Tâches entre les séances, s'il y en a
- Coordination prévue avec d'autres professionnels, avec l'accord du patient
6. Rythme et durée
- Fréquence et durée des séances
- Nombre de séances estimé avant la première révision
7. Points d'attention
- Éléments de risque repérés et suite donnée. Un plan de sécurité, s'il est nécessaire, relève du jugement clinique et des recommandations officielles en vigueur
8. Révision et fin
- Dates de révision prévues (par exemple séance 6 et séance 12)
- Critères de fin ou de changement de cadre
- Prévention de la rechute : ce qui sera préparé avant la fin
9. Accord
- Plan discuté avec le patient le : …
- Copie remise : oui / non
- Signature du praticien ; signature du patient si vous la demandez
Exemple rempli : plan TCC pour un trouble panique
Cas fictif. Claire, 34 ans, comptable, consulte pour des attaques de panique depuis huit mois. Elle ne prend plus le métro et a réduit ses sorties.
- Date et version : 12 novembre 2026, V1, établi après deux entretiens
- Demande : « Je veux pouvoir aller au travail sans avoir peur de faire un malaise. »
- Problèmes actuels : en moyenne trois attaques de panique par semaine sur les deux semaines de carnet ; évitement du métro et des files d'attente ; trajet en voiture de 50 minutes au lieu de 20 minutes en métro
- Hypothèse de travail : les sensations cardiaques sont interprétées comme le signe d'un malaise grave ; l'évitement et les comportements de sécurité (bouteille d'eau, rester près de la sortie) empêchent de vérifier que la crise passe d'elle-même
- Diagnostic : trouble panique, posé par son psychiatre (courrier du 2 octobre 2026)
- Forces : très motivée, compagnon soutenant, pratiquait la course à pied
- But 1 : avoir moins d'attaques de panique
- Objectif 1.1 : passer de trois attaques par semaine à une au plus par semaine, d'ici la séance 12
- Indicateur 1.1 : carnet de panique hebdomadaire ; départ 3 par semaine ; visé 1 par semaine ou moins, sur quatre semaines de suite
- Objectif 1.2 : expliquer avec ses mots le cercle de la panique sur son propre schéma, d'ici la séance 4
- Indicateur 1.2 : schéma rempli par Claire en séance
- But 2 : reprendre le métro
- Objectif 2.1 : faire seule le trajet domicile travail en métro au moins trois jours par semaine, d'ici la séance 14
- Indicateur 2.1 : hiérarchie d'exposition de dix situations ; gêne notée de 0 à 10 avant et après chaque exercice ; nombre de trajets par semaine
- Interventions : psychoéducation sur la panique (séances 1 à 3) ; restructuration des interprétations catastrophiques ; exposition aux sensations (hyperventilation, course sur place) ; exposition graduée en situation réelle ; arrêt progressif des comportements de sécurité ; plan de prévention de la rechute (deux dernières séances)
- Tâches entre les séances : carnet de panique ; un exercice d'exposition par jour à partir de la séance 5
- Rythme : une séance de 45 minutes par semaine ; 14 séances estimées
- Révision : séance 6 (relecture des indicateurs, ajustement de la hiérarchie) et séance 12
- Critères de fin : objectifs 1.1 et 2.1 atteints sur quatre semaines ; plan de prévention de la rechute écrit et remis
- Accord : plan discuté le 12 novembre 2026, copie remise à Claire
Remarquez que toutes les fréquences sont exprimées par semaine, du problème à l'objectif. Certains exemples en ligne mélangent les unités, avec trois crises « par mois » au départ et un objectif « par semaine » à l'arrivée.
Variante : plan intégratif ou psychodynamique
Cas fictif. Marc, 47 ans, consulte un an après son divorce pour un sentiment de vide et un repli. Le travail est d'orientation psychodynamique, avec des emprunts à la thérapie centrée sur la personne.
- Demande : « Je fais tout comme avant, mais je ne ressens plus rien. »
- Hypothèse de travail : la séparation réactive une ancienne façon de se protéger en coupant les émotions, déjà présente à la mort de son père ; le repli protège de nouvelles pertes mais l'isole
- Forces : réflexif, fidèle à ses rendez-vous, deux amis proches
- But 1 : retrouver un accès à ce qu'il ressent
- Objectif de processus 1.1 : pouvoir parler de la séparation en séance sans changer de sujet ni plaisanter, la plupart des séances, d'ici la révision du troisième mois
- Indicateur 1.1 : échelle de 0 à 10 remplie à deux lors de la révision (« À quel point arrivez-vous à rester sur ce sujet ? »), plus observation du praticien notée dans les comptes rendus
- But 2 : sortir du repli
- Objectif 2.1 : reprendre au moins une activité sociale par semaine (dîner, sport, association), d'ici trois mois
- Indicateur 2.1 : nombre d'activités par semaine, dit par Marc en début de séance
- Interventions : travail sur les répétitions entre les deuils passés et actuels ; attention à ce qui se joue dans la relation thérapeutique ; reformulation et validation des émotions
- Rythme : une séance par semaine, durée ouverte, révision tous les trois mois
- Critères de fin : décidés avec Marc à une révision, quand il juge que le vide n'organise plus sa vie
Réviser le plan
Aucun texte lu ne fixe de fréquence de révision en Europe. Les délais de 30 à 90 jours ou de trois mois que citent des sites américains sont liés, selon ces sites, aux exigences des assureurs. Nous conseillons de fixer la première révision dès le départ, en numéro de séance, puis de l'adapter. Lors de la révision, relisez chaque indicateur avec le patient, notez ce qui a changé, gardez l'ancienne version et créez une V2 datée. Un plan modifié sans trace de l'ancien ne permet plus de voir l'évolution.
Liste de vérification avant de classer le plan
- La demande est écrite dans les mots du patient
- Chaque objectif a une échéance et un indicateur avec une valeur de départ
- Les unités de temps sont les mêmes du problème à l'objectif
- Chaque intervention est reliée à au moins un but
- Les forces du patient figurent dans le plan
- La date de la première révision est fixée
- Les critères de fin sont écrits, même provisoires
- Le document est daté et signé ; le patient en a reçu une copie s'il le souhaite
- Le diagnostic, s'il figure, indique qui l'a posé
Erreurs fréquentes
- Objectifs qui sont des activités : « venir aux séances » ou « faire de la relaxation » décrivent un moyen, pas un changement.
- Objectifs que seul le praticien comprend : « diminuer les distorsions cognitives » ne parle pas au patient. Écrivez ce qu'il remarquera dans sa vie.
- Trop d'objectifs : nous conseillons de s'en tenir à deux ou trois buts, sinon le plan devient difficile à relire.
- Seuils de questionnaires mal recopiés : si vous utilisez un questionnaire validé, reprenez les seuils du manuel de l'outil, pas ceux d'un blog.
- Plan écrit puis oublié : sans date de révision, il ne sert qu'une fois.
- Copie de formats américains : les rubriques « assureur » ou « nécessité médicale » n'ont pas d'objet pour un patient qui paie lui-même en France ou au Royaume-Uni.
Pourquoi Delta pour suivre un plan de traitement
Un plan ne vaut que s'il est relu. Delta rend cette relecture simple. Delta est l'assistant clinique des professionnels de santé mentale. Il garde la mémoire de chaque patient : après chaque séance, transcrite en direct ou dictée par vous, il génère le compte rendu en tenant compte de votre approche (TCC, EMDR, psychodynamique, systémique…) et met à jour le dossier du patient, avec la synthèse du suivi et les objectifs suivis. Le jour de la révision, tout le suivi et son évolution sont au même endroit. Les données restent en Europe, en France, chez un hébergeur certifié HDS, le nom du patient est pseudonymisé avant l'IA et aucun fichier audio n'est conservé.
Pour d'autres trames, voir nos modèles de documents cliniques par profession.
Un psychologue en libéral est-il obligé de rédiger un plan de traitement ?
En France, nous n'avons trouvé aucun texte qui impose un document de ce nom. L'article 9 du code de déontologie des psychologues demande en revanche d'informer la personne « des objectifs, des modalités, du coût éventuel et des limites » de l'intervention. Un plan écrit est une façon simple et vérifiable de le faire.
Tous les combien faut-il réviser un plan de traitement ?
Aucun texte européen lu ne fixe de délai. Nous conseillons de prévoir la première révision dès le départ, souvent vers la sixième séance en thérapie brève, ou tous les trois mois en thérapie longue, puis à chaque changement important (nouvel événement de vie, objectif atteint, absence de progrès).
Comment écrire un plan de traitement en approche psychodynamique ?
Utilisez des objectifs de processus plutôt que des comportements, par exemple pouvoir aborder un sujet évité ou repérer une répétition dans ses relations. Évaluez-les à la révision par une échelle de 0 à 10 remplie avec le patient et par vos observations notées dans les comptes rendus.
Faut-il faire signer le plan de traitement au patient ?
Aucun texte lu ne l'exige. Nous conseillons de noter la date à laquelle le plan a été discuté et de proposer une copie au patient. Au Royaume-Uni, le cadre éthique 2026 de la BACP demande de donner au client une trace de l'accord de travail (point 1.2 b).
Quelle différence entre plan de traitement et formulation de cas ?
La formulation explique pourquoi le problème existe et se maintient. Le plan dit ce que l'on va faire, vers quels objectifs et comment on mesurera le changement. On écrit la formulation d'abord, puis le plan. Voir notre modèle de formulation en 5 P.
Sources
- Code de déontologie des psychologues, version 2021 (PDF), articles 9 et 18, consulté le 31 octobre 2026
- BACP, Ethical Framework for the Counselling Professions 2026, points 1.2 b et 3.2 a, et page de présentation BACP (date d'application), consultés le 31 octobre 2026
- HAS, outil 1 « Projet thérapeutique individualisé », septembre 2016
- Modèle de plan de traitement, loi belge du 26 juin 1990, tribunaux de Belgique, consulté le 31 octobre 2026
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