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Compte rendu de bilan du bégaiement (troubles de la fluence) en orthophonie : modèle et exemple

Modèle complet de compte rendu de bilan du bégaiement pour orthophonistes : anamnèse, observation de la fluence, vécu, impact, conclusion et projet, avec un exemple fictif rempli.

Pays concernés : Belgique, Suisse, France

Le compte rendu de bilan du bégaiement est le document écrit par lequel l'orthophoniste décrit la fluence du patient, le vécu de ses difficultés et leur retentissement, pose son diagnostic orthophonique et propose un projet de soin. Il est adressé au médecin prescripteur et sert de point de départ aux bilans suivants.

Le cadre du compte rendu en France, en Belgique et en Suisse

En France, le bilan est le plus souvent réalisé sur prescription médicale. La FNO rappelle que le compte rendu écrit est obligatoire, qu'il comporte le diagnostic orthophonique et qu'il est adressé au médecin prescripteur, le service médical ne le recevant que s'il le demande (livret FNO sur le bilan, 2018). Le même livret renvoie à l'architecture rédactionnelle de l'annexe 11 de l'avenant 16 à la convention ; vérifiez la version en vigueur. Pour la structure générale d'un bilan, voyez notre modèle de compte rendu de bilan orthophonique.

En Belgique, ce bilan est réalisé par le logopède, et l'INAMI publie une liste limitative des tests d'évaluation du bégaiement (version applicable au 01/04/2017, vérifiez la version en vigueur) ; nous la détaillons dans notre page sur les listes limitatives de tests en logopédie. En Suisse, le canton de Vaud recommande vivement une consultation avec un logopédiste ou orthophoniste formé à la prise en charge du bégaiement, notamment si le bégaiement dure depuis plus de six mois, s'aggrave ou inquiète les parents ; la page indique la DPPLS (Direction psychologie, psychomotricité, logopédie en milieu scolaire) comme contact (page du canton de Vaud).

La cotation AMO du bilan relève de l'orthophoniste et de la NGAP. Nous ne la reprenons pas ici ; elle est détaillée dans notre page sur la cotation AMO et la NGAP en 2026.

Modèle complet de compte rendu de bilan de la fluence

Copiez ce modèle et gardez les rubriques dans cet ordre. Les phrases entre crochets sont à remplacer.

1. En-tête et motif

  • Patient : [prénom, nom, date de naissance, âge au bilan], [classe ou profession].
  • Prescription : [bilan orthophonique avec rééducation si nécessaire, ou bilan d'investigation], du Dr [nom], datée du [date].
  • Date(s) du bilan : [date], [nombre de rendez-vous], [personnes présentes].
  • Motif : « [plainte dans les mots de la famille ou du patient] ». Exemple : « Il bloque sur les premiers mots et s'énerve quand on le presse. »

2. Anamnèse

  • Début : âge d'apparition, apparition brusque ou progressive, contexte (naissance d'un frère, entrée à l'école, maladie).
  • Évolution : périodes plus fluides et plus difficiles, aggravation ou stabilité depuis [durée].
  • Antécédents familiaux : personnes de la famille qui bégaient ou ont bégayé, et si le bégaiement a disparu ou persisté chez elles.
  • Développement et langage : acquisition du langage, autres difficultés de langage ou d'articulation, langues parlées à la maison, audition.
  • Contextes : situations où la fluence est meilleure (jeu, chant, seul avec un parent) et plus difficile (fatigue, excitation, téléphone, oral en classe).
  • Réactions de l'entourage : ce que disent les parents, l'école, les collègues ; moqueries éventuelles.
  • Prises en charge antérieures : qui, quand, quelle approche, ce qui a aidé.

3. Observation de la fluence

Décrivez séparément le discours spontané (conversation, récit sur images) et la lecture à voix haute si le patient lit. Précisez la taille et la nature de chaque échantillon, et l'unité de comptage choisie (syllabes ou mots), pour que le bilan suivant soit comparable.

  • Répétitions : de sons ou de syllabes (« pa-pa-papa »), de mots monosyllabiques, avec leur nombre habituel d'itérations.
  • Prolongations : un son tenu trop longtemps (« mmmmaman »).
  • Blocages : arrêt au début ou dans le mot, bouche prête mais sans son, avec ou sans tension visible.
  • Autres disfluences : hésitations, reprises, mots d'appui (« euh », « en fait »), à distinguer des accrocs typiques du bégaiement.
  • Fréquence et durée : [taux mesuré, unité, échantillon], durée des accrocs les plus longs.
  • Débit et rythme : débit global, accélérations, pauses, coordination souffle et élocution.
  • Variabilité : différence entre conversation, récit, lecture et situations proposées pendant le bilan.

4. Comportements associés

  • Perte du contact visuel, clignements, crispations du visage, mouvements de tête ou des mains.
  • Stratégies d'évitement : changer de mot, renoncer à parler, faire parler un autre, élan ou mot de lancement.
  • Niveau de tension et effort visible pendant les blocages.

5. Vécu et attitudes

Rapportez ce que la personne dit de son bégaiement, avec ses mots, puis les résultats des questionnaires d'attitude ou d'impact que vous avez choisis. Indiquez le nom de l'outil, la version et qui l'a rempli (enfant, parent, adulte). Chez l'enfant, notez s'il a conscience de ses accrocs et s'il en parle.

6. Impact sur la vie quotidienne

  • École ou travail : participation à l'oral, exposés, appels, entretiens.
  • Relations : amis, famille, activités évitées.
  • Estime de soi et place prise par le bégaiement dans la vie de la personne.

7. Conclusion et diagnostic orthophonique

Résumez en quelques phrases : nature et sévérité du trouble de la fluence, ancienneté, facteurs qui plaident pour la persistance ou pour une évolution favorable, troubles associés éventuels, et part du vécu. Exemple de formulation : « Le bilan met en évidence un trouble de la fluence de type bégaiement, présent depuis [durée], avec [types de disfluences] et [comportements associés]. »

8. Projet thérapeutique et préconisations

  • Indication : rééducation indiquée ou non, rythme proposé, durée de la première série de séances.
  • Objectifs : deux ou trois objectifs observables, formulés avec la famille ou le patient.
  • Approche : programme ou méthode retenue, place des parents, séances de groupe éventuelles.
  • Préconisations : conseils à l'entourage et à l'école, orientation vers un autre professionnel si besoin.
  • Réévaluation : date prévue du bilan de renouvellement.

Adapter le modèle à l'adolescent et à l'adulte

Chez l'adulte, l'anamnèse remonte plus loin et le vécu prend souvent plus de place que la fréquence des accrocs. Ajoutez au modèle ces points :

  • Le parcours de soins antérieur et ce que la personne en a retiré.
  • Le bégaiement caché : une personne qui évite beaucoup peut paraître fluide en séance. Notez ce qu'elle rapporte, pas seulement ce que vous voyez.
  • Les situations précises qui comptent pour elle : réunion, téléphone, présentation, commande au restaurant.
  • Ses objectifs à elle, et des attentes réalistes discutées ensemble.
  • Un début récent à l'âge adulte : la RCSLT rappelle qu'une cause neurologique ou psychologique peut alors nécessiter une exploration rapide ; signalez-le au médecin dans le compte rendu (RCSLT).

Exemple fictif rempli : Léo, 6 ans

Exemple fictif. Les prénoms, dates et valeurs sont inventés pour l'illustration.

  • Patient : Léo M., né le 12/03/2020, 6 ans 7 mois, CP.
  • Prescription : bilan orthophonique avec rééducation si nécessaire, Dr Martin, médecin généraliste, 02/10/2026.
  • Bilan : deux rendez-vous, les 14 et 21/10/2026, en présence des deux parents au premier.
  • Motif : « Il se bloque sur le premier mot et tape du pied quand ça ne sort pas. »

Anamnèse

Les accrocs sont apparus vers 3 ans et demi, de façon progressive, au moment de la naissance de sa sœur. Ils ont fluctué, puis augmenté depuis l'entrée au CP. L'oncle paternel a bégayé dans l'enfance et bégaie encore à l'âge adulte. Langage oral sans retard signalé, audition contrôlée normale en 2025, français seul à la maison. Léo est plus fluide quand il joue seul avec son père et plus en difficulté quand il est fatigué ou qu'il veut raconter vite à table. Les parents lui disent parfois « respire » ou « recommence doucement ». Un camarade l'a imité à la récréation. Aucune prise en charge antérieure.

Observation de la fluence

Conversation et récit sur images, un échantillon par contexte, comptage en syllabes (taille des échantillons notée en annexe). Lecture non évaluée, en cours d'apprentissage. Léo présente des répétitions de syllabes (« je-je-je veux ») souvent à trois ou quatre itérations, des prolongations de sons en début d'énoncé et des blocages silencieux au premier mot, dont les plus longs durent environ deux secondes (durée fictive, donnée pour l'illustration). Taux de syllabes bégayées plus élevé en récit qu'en conversation (taux notés en annexe ; aucun chiffre n'est donné ici, car ce serait une valeur inventée). Débit rapide en récit, avec des reprises de phrases. Les accrocs diminuent nettement lorsque l'adulte ralentit son propre débit.

Comportements associés

Clignements lors des blocages, regard détourné, tape du pied pour « faire sortir » le mot. Début d'évitement : Léo dit parfois « laisse tomber » et change de sujet.

Vécu et attitudes

Léo dit que « des fois les mots restent coincés » et qu'il « n'aime pas quand ça fait rire ». Un questionnaire d'attitude de communication adapté à son âge, choisi et coté par l'orthophoniste, montre une attitude négative envers la communication ; le nom de l'outil, le score et la référence d'interprétation du manuel figurent en annexe. Les parents sont inquiets et se sentent démunis.

Impact

En classe, Léo lève moins la main qu'en grande section selon l'enseignante. Il participe volontiers aux jeux mais évite de raconter devant le groupe.

Conclusion

Le bilan met en évidence un trouble de la fluence de type bégaiement, présent depuis trois ans, avec répétitions, prolongations et blocages accompagnés de tension, de comportements associés et d'un début d'évitement. Plusieurs éléments plaident pour un risque de persistance, parmi les facteurs listés par l'APB dans son dépliant pour les généralistes : bégaiement depuis plus de six mois à un an, aggravation, garçon, antécédent familial, conscience du trouble, inquiétude de l'enfant et des parents. Pas d'autre trouble du langage repéré lors du bilan.

Projet thérapeutique

  • Rééducation orthophonique indiquée, une séance par semaine, avec participation d'un parent.
  • Objectifs : diminuer la tension lors des blocages, permettre à Léo de parler de son bégaiement sans gêne, aider les parents à adapter leur rythme d'échange.
  • Préconisations à l'école : laisser à Léo le temps de finir, ne pas finir ses phrases, ne pas lui demander de « respirer ». Un courrier à l'enseignante est proposé avec l'accord des parents.
  • Réévaluation prévue après la première série de séances.

Les erreurs fréquentes dans un compte rendu de bilan du bégaiement

  • Donner un chiffre sans méthode : un pourcentage sans unité ni taille d'échantillon ne permet aucune comparaison au bilan suivant.
  • Juger sur un seul échantillon : le bégaiement varie beaucoup selon le contexte ; une séance fluide ne veut pas dire un trouble léger.
  • Oublier le vécu : un adulte qui évite beaucoup peut sembler peu touché. L'APB rappelle que l'enjeu principal est que le bégaiement passe au second plan, sans évitement (page de l'APB pour les orthophonistes).
  • Écrire « attendre » chez le jeune enfant sans argument : l'APB met en garde contre ce conseil, car on ne sait pas quel enfant restera bègue.
  • Mélanger observations et interprétation : décrivez d'abord ce que vous avez vu, puis concluez.
  • Employer un jargon que le médecin et la famille ne comprennent pas : « clonies » et « syncinésies » méritent une explication en mots simples.
  • Envoyer le bilan sans préconisations concrètes pour la famille et l'école.

Liste de vérification avant envoi

  • Prescription, dates et personnes présentes notées.
  • Début, évolution et antécédents familiaux renseignés.
  • Échantillons décrits : contexte, taille, unité de comptage.
  • Types de disfluences et comportements associés décrits en mots simples.
  • Vécu rapporté avec les mots du patient et nom des questionnaires utilisés.
  • Impact scolaire, professionnel et relationnel décrit.
  • Diagnostic orthophonique et projet thérapeutique clairs.
  • Date de réévaluation et envoi au prescripteur prévus.

Pour l'envoi, vous pouvez partir de notre modèle de courrier au médecin prescripteur, puis reprendre ce compte rendu lors du bilan de renouvellement.

Repères par pays

  • France : orthophoniste, bilan le plus souvent sur prescription médicale, compte rendu écrit adressé au prescripteur avec diagnostic orthophonique (FNO).
  • Belgique : logopède, tests choisis dans la liste limitative INAMI du bégaiement, où chaque test est classé en partie descriptive (D), partie sur le vécu (E) ou les deux.
  • Suisse (Vaud) : logopédiste ou orthophoniste formé au bégaiement, DPPLS indiquée comme contact par le canton de Vaud.

Pourquoi Delta convient à ce bilan

Delta est l'assistant clinique des professionnels de santé mentale et du paramédical, plus qu'un scribe : il garde la mémoire de chaque patient. Après le bilan, vous dictez vos observations, ou Delta transcrit ce qui se dit pendant l'entretien d'anamnèse, puis il rédige le compte rendu dans votre structure et votre vocabulaire, appris de vos bilans existants. Il ne cote pas les tests, ne calcule aucun score et ne fait pas la cotation de l'acte : vous gardez la main sur les scores et la conclusion. Le dossier du patient est mis à jour, ce qui permet de retrouver tout le suivi jusqu'au renouvellement. Les données sont hébergées en France chez un hébergeur certifié HDS ; pour la Belgique et la Suisse, elles restent en Europe, en France, sur une infrastructure certifiée pour les données de santé. Voir Delta pour les orthophonistes, ce qu'est Delta et nos modèles de documents cliniques.

Faut-il attendre avant de faire un bilan du bégaiement chez un enfant de 3 ans ?

L'APB déconseille de dire aux parents d'attendre, car on ne peut pas savoir quel enfant restera bègue. Son dépliant pour les généralistes indique que, chez un enfant de moins de 3 ans qui bégaie depuis moins de six mois, un bilan d'investigation peut être prescrit sans entraîner automatiquement une rééducation, et qu'au-delà de six mois ou vers 4 à 5 ans il faut orienter rapidement (dépliant APB).

Comment chiffrer la fréquence du bégaiement dans le compte rendu ?

Choisissez une unité (syllabes ou mots), précisez la taille de l'échantillon et le contexte (conversation, récit, lecture), et gardez la même méthode au renouvellement. Nous conseillons de donner au moins deux contextes, car la fluence varie beaucoup d'une situation à l'autre.

Quels tests utiliser pour un bilan de la fluence ?

Le choix revient à l'orthophoniste. En Belgique, la liste limitative INAMI cite par exemple « Examiner un bégaiement » (5 à 16 ans) et « Évaluer un bégaiement » (18 à 80 ans) de F. Estienne avec H. Bijleveld, les tests de sévérité TSB de R. Boey ou le SSI-IV de G. Riley (liste applicable au 01/04/2017). Delta ne fait pas passer ces tests, ne les cote pas et ne calcule aucun score ; il vous aide à rédiger le compte rendu à partir de vos résultats.

Que mettre dans la conclusion d'un bilan du bégaiement ?

Le diagnostic orthophonique (trouble de la fluence de type bégaiement, ou autre), sa sévérité, son ancienneté, les éléments qui plaident pour la persistance, les troubles associés éventuels et la place du vécu. Terminez par l'indication de rééducation et les objectifs.

Quelle cotation AMO pour un bilan du bégaiement ?

La cotation relève de l'orthophoniste et de la NGAP en vigueur. Nous ne la donnons pas ici ; consultez notre page sur la cotation AMO en 2026. Delta ne fait ni cotation ni facturation.

Sources

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