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Rapport d'évolution en psychothérapie (bilan d'étape) : modèle et exemple

Le bilan d'étape en psychothérapie : quand le rédiger, les dix rubriques, un modèle à copier et un exemple rempli en trois versions (dossier, patient, médecin).

Pays concernés : Belgique, Suisse, France, Royaume-Uni, Irlande

Le rapport d'évolution en psychothérapie, ou bilan d'étape, est l'écrit que le psychothérapeute rédige en cours de suivi pour faire le point. Il reprend les objectifs du plan, montre ce qui a changé (mesures à l'appui), nomme les obstacles et se termine par une décision : poursuivre, ajuster, réorienter ou conclure.

Quand rédiger un bilan d'étape

Nous n'avons trouvé aucun texte français, belge ou britannique qui fixe un rythme pour un psychothérapeute en libéral. Le rythme se convient donc avec le patient. Le bilan d'étape répond en pratique à quatre situations.

  • Le point prévu au plan. Nous conseillons de l'inscrire dans le plan de traitement en numéro de séance (par exemple la séance 10), plutôt qu'en date.
  • La demande du patient. « Est-ce que j'avance ? » mérite une réponse écrite et datée.
  • La demande du médecin. Le médecin traitant ou le psychiatre reçoit une version courte, avec l'accord du patient.
  • Le doute du praticien. Rien ne bouge, des séances sont manquées, ou une difficulté nouvelle apparaît.

En Suisse, le rapport demandé par l'assurance pour poursuivre la prise en charge est un document à part : voyez notre page sur le rapport à l'assureur en psychothérapie (Suisse).

Ce qu'il n'est pas : les documents voisins

Ce que disent les textes

France : le code de déontologie des psychologues (2021)

Le code s'applique aux psychologues ; pour les autres psychothérapeutes, c'est un bon repère. Deux articles encadrent directement le bilan d'étape.

  • Article 15 : « La·le psychologue présente ses conclusions de façon claire et adaptée à la personne concernée. Celles-ci répondent avec prudence et discernement à la demande ou à la question posée. Lorsque ces conclusions sont transmises à un tiers, elles ne comportent les éléments d'ordre psychologique qui les fondent que si nécessaire. L'assentiment de la personne concernée ou son information préalable est requis. »
  • Article 18 : « Les documents émanant d'un·e psychologue sont datés, portent son identité, son titre, son numéro d'inscription sur les registres légaux en vigueur, ses coordonnées professionnelles, sa signature ainsi que la·le destinataire et l'objet de son écrit. Seul la·le psychologue auteur·e de ces documents est habilité·e à les signer, les modifier, ou les annuler. »

L'article 8 ajoute que le psychologue partage « uniquement les informations strictement nécessaires à la finalité professionnelle ». D'où les trois versions proposées plus bas.

Le partage avec le médecin

Selon l'Agence du numérique en santé, qui s'appuie sur l'article L1110-4 du code de la santé publique, « le patient doit être informé de l'échange de ses informations et de son droit à s'y opposer ». Seules les informations strictement nécessaires à la coordination ou à la continuité des soins peuvent être échangées, et le consentement du patient doit être recueilli quand le destinataire n'appartient pas à l'équipe de soins. Nous conseillons de noter cet accord dans le bilan, avec la date.

Royaume-Uni, Belgique, Irlande

Au Royaume-Uni, le cadre éthique de la BACP, en vigueur depuis le 1er novembre 2026, demande des dossiers « factual, adequate and relevant for the type of service offered » (point 3.2 a) et ne permet de divulguer une information qu'avec le consentement du client, quand la loi l'exige ou le permet, ou dans les cas prévus par ses responsabilités fondamentales. Nous n'avons pas vérifié de règle propre à la Belgique ou à l'Irlande sur ce document, et nous conseillons d'y appliquer les mêmes principes de minimisation et de consentement.

Les dix rubriques d'un bilan d'étape utile

  • 1. En-tête : les mentions de l'article 18 (identité, titre, numéro d'inscription, coordonnées, date, destinataire, objet).
  • 2. Cadre et période : début du suivi, séances prévues et réalisées, absences, rythme, approche (TCC, systémique, psychodynamique…).
  • 3. Demande et objectifs : deux à quatre objectifs recopiés tels qu'ils figurent dans le plan, pour ne pas les réécrire après coup.
  • 4. Mesures : les échelles passées au départ et aujourd'hui (nom exact, date, résultat, qui l'a passée), et les indicateurs concrets choisis avec le patient (fréquence d'un comportement, note de 0 à 10). Une seule mesure ne suffit pas à conclure.
  • 5. Ce qui a changé : un fait observable par objectif.
  • 6. Obstacles : ce qui n'a pas changé, et pourquoi (patient, entourage, cadre ou méthode). C'est souvent la rubrique la plus utile.
  • 7. Lecture clinique : la formulation tient-elle encore ? Une ou deux phrases.
  • 8. Ajustement du plan : objectifs gardés, modifiés, ajoutés ou retirés, moyens, rythme.
  • 9. Décision et prochaine échéance : poursuivre, ajuster, réorienter ou conclure, avec le numéro de séance du prochain point.
  • 10. Avis du patient et transmissions : ce qu'il dit du bilan, ce qu'il accepte de voir transmis, à qui, et à quelle date.

Le modèle à copier

BILAN D'ÉTAPE DE PSYCHOTHÉRAPIE

Praticien : [Prénom Nom], [titre], n° [RPPS / ADELI / registre], [adresse professionnelle, téléphone, e-mail]

Date : [jj/mm/aaaa]. Destinataire : [dossier / patient / Dr …]. Objet : bilan d'étape après [n] séances.

Patient : [Prénom Nom ou initiales], né(e) le [date]. Adressé(e) par : [nom, ou démarche personnelle].

1. Cadre : suivi depuis le [date]. Séances prévues : [n]. Réalisées : [n]. Annulées ou manquées : [n]. Rythme : [hebdomadaire / tous les 15 jours]. Approche : [ ].

2. Demande initiale : [une à deux phrases, avec les mots du patient si possible].

3. Objectifs du plan (version du [date])

  • Objectif 1 : [ ]. Indicateur : [ ].
  • Objectif 2 : [ ]. Indicateur : [ ].
  • Objectif 3 : [ ]. Indicateur : [ ].

4. Mesures

  • [Nom exact de l'échelle], passée par [vous / autoévaluation] : [résultat] le [date de départ], [résultat] le [date du jour].
  • Indicateur concret 1 : [valeur de départ] puis [valeur actuelle].
  • Indicateur concret 2 : [valeur de départ] puis [valeur actuelle].

5. Évolution par objectif

  • Objectif 1 : [atteint / en progrès / stable / en recul]. Exemple : [fait observable].
  • Objectif 2 : [ ]. Exemple : [ ].
  • Objectif 3 : [ ]. Exemple : [ ].

6. Obstacles : [ce qui freine, et de quel côté].

7. Lecture clinique : [la formulation est confirmée / nuancée / à revoir, parce que…].

8. Ajustement du plan : [objectifs gardés, modifiés, ajoutés ; moyens ; rythme]. Le plan devient la version [V2] du [date].

9. Décision : [poursuivre / ajuster / réorienter vers … / conclure]. Prochain point : séance [n] ou le [date].

10. Avis du patient : [ce qu'il en dit]. Transmission : [aucune / version courte à Dr …], accord donné en séance le [date].

Signature : [ ]

Exemple entièrement rempli (exemple fictif)

Clara D., 29 ans, consulte pour une anxiété sociale qui la gêne au travail. Elle est suivie en TCC par Camille Roux, psychologue (personnes et données fictives).

Version pour le dossier

Praticien : Camille Roux, psychologue, n° RPPS fictif, 12 rue des Lilas, 69003 Lyon. Date : 14/10/2026. Destinataire : dossier. Objet : bilan d'étape après 10 séances.

1. Cadre : suivi depuis le 01/07/2026. 12 séances prévues, 10 réalisées, 1 annulée (vacances), 1 reportée. Rythme hebdomadaire. Approche TCC (exposition graduée, travail sur les pensées automatiques).

2. Demande initiale : « Je me tais en réunion et je refuse les déjeuners d'équipe, ça bloque ma carrière. »

3. Objectifs du plan (V1 du 15/07/2026)

  • Objectif 1 : intervenir au moins une fois par réunion d'équipe. Indicateur : nombre de réunions avec une intervention, sur les 4 dernières.
  • Objectif 2 : accepter un déjeuner d'équipe par semaine. Indicateur : déjeuners acceptés par mois.
  • Objectif 3 : réduire la rumination après les échanges. Indicateur : durée estimée par Clara, en minutes.

4. Mesures

  • Échelle d'anxiété sociale de Liebowitz (LSAS), passée en séance par la psychologue : 78 le 08/07/2026, 61 le 14/10/2026.
  • Réunions avec au moins une intervention : 0 sur 4 en juillet, 3 sur 4 en octobre.
  • Déjeuners d'équipe acceptés : 0 en juillet, 2 en septembre.
  • Rumination après une réunion : environ 90 minutes en juillet, environ 30 minutes en octobre (estimation de Clara).

5. Évolution par objectif

  • Objectif 1 : en progrès. Exemple : le 06/10, elle a présenté seule un point de deux minutes.
  • Objectif 2 : en progrès, plus lent. Elle accepte quand un collègue proche est présent.
  • Objectif 3 : en progrès. Elle note ses pensées dans son carnet au lieu de rejouer la scène.

6. Obstacles : évitement subtil (elle prépare chaque phrase à l'avance) ; nouveau manager perçu comme critique ; une séance reportée avant l'exposition la plus difficile.

7. Lecture clinique : la formulation est confirmée. Les comportements de sécurité entretiennent l'idée qu'elle s'en sort « seulement parce qu'elle a tout préparé ».

8. Ajustement du plan : objectifs 1 et 3 maintenus ; objectif 2 reformulé (« un déjeuner par semaine, dont un par mois sans collègue proche ») ; ajout d'un travail ciblé sur l'abandon des comportements de sécurité. Le plan devient la V2 du 14/10/2026.

9. Décision : poursuivre, 8 séances hebdomadaires, puis espacement si les indicateurs se maintiennent. Prochain point : séance 18.

10. Avis de la patiente : « Je ne pensais pas avoir autant bougé, mais les déjeuners restent durs. » Transmission : version courte au Dr Martin, médecin traitant, accord donné en séance le 14/10/2026. Clara ne souhaite pas que le changement de manager soit mentionné.

Signature : Camille Roux

Version remise à la patiente

Même en-tête, destinataire « Clara D. », sans jargon :

« En juillet, vous ne preniez jamais la main en réunion ; aujourd'hui, vous intervenez dans trois réunions sur quatre. Le questionnaire que nous avons rempli ensemble est passé de 78 à 61 : c'est un vrai recul de la gêne, et il reste du chemin. Les déjeuners restent l'étape la plus difficile. Pour les huit prochaines séances, nous allons travailler à préparer moins vos interventions, pour vérifier que vous y arrivez sans filet. Nous referons le point à la séance 18. »

Version courte pour le médecin traitant

Destinataire : Dr Martin, médecin généraliste. Objet : point d'étape, avec l'accord de la patiente.

« Docteur, Mme Clara D., que vous m'avez adressée en juin, a réalisé 10 séances de TCC pour une anxiété sociale. Elle est régulière et engagée. L'évitement au travail a nettement diminué ; l'échelle LSAS que je lui ai fait passer est de 61 contre 78 au départ. Nous poursuivons pendant 8 séances hebdomadaires, puis nous espacerons si l'amélioration se maintient. Je vous tiendrai informé à la fin de cette période. Bien cordialement. »

Ni obstacles personnels ni lecture clinique détaillée : c'est l'article 15 appliqué (« que si nécessaire »).

Liste de vérification avant de signer

  • L'en-tête porte les mentions de l'article 18.
  • Les objectifs sont recopiés depuis le plan, avec sa version et sa date.
  • Chaque mesure indique l'outil, la date et qui l'a passée.
  • Chaque objectif a un statut et un exemple concret.
  • Les obstacles sont nommés, y compris ceux du cadre ou de la méthode.
  • La décision est explicite et la prochaine échéance est fixée.
  • Le plan passe en nouvelle version ; l'ancienne est conservée.
  • L'accord du patient pour toute transmission est noté, avec ce qu'il refuse de voir transmis.
  • La version qui sort du cabinet ne contient que ce dont le destinataire a besoin.

Erreurs fréquentes

  • Réécrire les objectifs pour qu'ils collent aux résultats. Recopiez-les tels quels, puis ajustez-les à la rubrique 8.
  • Un bilan sans décision. « Le suivi se poursuit » n'en est pas une. Dites combien de séances, avec quel objectif, et quand vous referez le point.
  • Taire l'absence de progrès. C'est ce bilan-là qui justifie de changer de méthode, de rythme ou d'orienter.

Pourquoi Delta est fait pour ce bilan

Delta garde la mémoire de chaque patient : après chaque séance, il génère le compte rendu et met à jour le dossier (synthèse du suivi, objectifs suivis). Vous retrouvez donc tout le suivi et son évolution au même endroit au moment du bilan. Delta rédige aussi vos bilans dans votre vocabulaire et votre structure, appris de vos bilans existants. Il ne calcule aucun score : les échelles, c'est vous qui les passez et qui reportez les résultats. Les données sont hébergées en France chez un hébergeur certifié HDS, et le nom du patient est pseudonymisé avant l'IA. Voyez aussi Delta pour les thérapeutes, ce qu'est Delta et nos autres modèles de documents cliniques.

Est-ce obligatoire de faire un bilan d'étape en psychothérapie ?

Aucun texte français que nous avons lu n'impose un document nommé ainsi en libéral. Le code de déontologie des psychologues de 2021 demande en revanche de présenter ses conclusions de façon claire et adaptée à la personne (article 15), et de dater et signer ses écrits (article 18). Le bilan d'étape permet de tenir ces engagements en cours de suivi.

Le médecin traitant me demande où en est mon patient : que lui envoyer ?

Cinq à huit lignes : nombre de séances, approche, évolution générale, éventuellement un score avec le nom de l'échelle, et la suite prévue. Demandez d'abord l'accord du patient et notez-le, avec ce qu'il ne veut pas voir transmis. N'y mettez les éléments psychologiques détaillés que s'ils sont nécessaires au médecin (article 15).

Tous les combien faire un point d'étape ?

Aucune règle européenne que nous avons trouvée ne fixe un rythme en libéral. Nous conseillons toutes les 8 à 12 séances pour un suivi hebdomadaire. Inscrivez le numéro de séance dans le plan dès le départ.

Puis-je remettre le bilan d'étape au patient ?

Oui, et c'est souvent utile pour l'alliance. Rédigez une version à part, avec ses mots, sans jargon ni hypothèses qu'il n'a pas encore travaillées. Le patient peut demander l'accès aux informations qui le concernent : rédigez donc aussi la version complète en pensant qu'il pourra la lire.

Que mettre dans le bilan quand rien n'a bougé après dix séances ?

Écrivez-le, mesures à l'appui, puis cherchez la cause dans la rubrique obstacles : cible, rythme, méthode, événement de vie ou formulation à revoir. La décision peut être de changer d'approche, d'intensifier, d'orienter vers un confrère ou un psychiatre, ou de faire une pause convenue.

Delta peut-il calculer le score des échelles dans le bilan ?

Non. Delta ne fait ni cotation ni calcul de score de test. Vous passez les échelles et vous reportez les résultats. Delta rédige ensuite le bilan dans votre structure, à partir du dossier du patient.

Sources

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