Note de séance SOAP, DAP, BIRP : la même séance écrite dans chaque format
SOAP, DAP, BIRP et leurs variantes sont des façons de ranger une note de séance en quelques rubriques fixes. Pour voir ce qui change vraiment, nous avons écrit la même séance dans chaque format, puis regardé ce que les textes français, belges et suisses demandent.
Pays concernés : Belgique, Suisse, France
Pourquoi structurer ses notes de séance
Une note de séance sert à trois choses. Elle vous aide à reprendre le fil à la séance suivante. Elle garde une trace de l'évolution du patient sur plusieurs mois. Et elle permet, si besoin, de montrer ce qui a été fait et pourquoi.
Sans structure, les notes ont tendance à dériver. Certaines séances sont racontées en détail, d'autres tiennent en une ligne. Six mois plus tard, il devient difficile de savoir ce qui avait été proposé, ce qui a marché et ce qui reste à travailler.
Un format fixe règle ce problème d'une façon simple. Les mêmes rubriques reviennent à chaque séance, donc vous savez quoi écrire et où retrouver l'information. C'est tout l'intérêt de SOAP, DAP, BIRP et des autres. Ce sont des aide-mémoire, pas des obligations.
Si vous cherchez d'abord le cadre général des notes du psychologue (ce qu'il est utile d'y mettre, leur statut, leur confidentialité), notre article Notes de séance du psychologue : cadre, contenu et modèle pose les bases. Ici, on se concentre sur la forme.
Les formats en une phrase chacun
- SOAP. Subjectif, Objectif, Analyse (Assessment), Plan. Le plus ancien et le plus répandu, issu de la médecine.
- DAP. Données, Analyse, Plan. Un SOAP raccourci où ce que dit le patient et ce que vous observez sont regroupés. Voir notre modèle de note DAP, avec un exemple rempli.
- BIRP. Comportement (Behavior), Intervention, Réponse, Plan. Il met en avant ce que vous avez fait en séance et la façon dont le patient y a réagi.
- GIRP. Objectif (Goal), Intervention, Réponse, Plan. Même logique que le BIRP, mais chaque note part de l'objectif du suivi.
- PIE. Problème, Intervention, Évaluation. Un format court utilisé surtout dans la documentation infirmière, centré sur un problème à la fois.
- Note narrative. Un texte libre, rédigé comme un court récit de la séance, sans rubriques imposées.
En France, les soignants en établissement connaissent aussi les transmissions ciblées. Chaque transmission part d'une « cible » (un problème précis du patient) puis se range en Données, Actions, Résultats. On en reparle plus bas pour les paramédicaux.
Une même séance, cinq façons de l'écrire
Pour comparer les formats, rien ne vaut un exemple. Voici une séance fictive et ordinaire. Mme L. consulte depuis deux mois pour une anxiété liée à son travail, avec des difficultés d'endormissement. Nous sommes à la séance 6, au cabinet, 50 minutes. La prise en charge suit une approche cognitive et comportementale, mais les notes seraient construites de la même façon dans une autre approche.
Ce qui s'est passé pendant la séance, en résumé. Mme L. s'endort plus facilement 4 soirs sur 7 depuis qu'elle applique la routine du soir définie en séance 4. Elle redoute une présentation devant son équipe jeudi prochain et dit « je vais bafouiller et tout le monde va le voir ». Elle arrive à l'heure, parle vite au début puis se pose. Vous reprenez son carnet de pensées, vous examinez avec elle la pensée « tout le monde va le voir », puis vous faites un jeu de rôle des deux premières minutes de la présentation. À la deuxième répétition, son débit est plus calme et elle dit se sentir « un peu moins tendue ». Vous convenez qu'elle répète deux fois à voix haute d'ici jeudi, et la prochaine séance a lieu dans deux semaines.
En SOAP
- S, subjectif. Endormissement plus facile 4 soirs sur 7 depuis la mise en place de la routine du soir (séance 4). Appréhension forte avant une présentation à son équipe jeudi prochain. Dit « je vais bafouiller et tout le monde va le voir ».
- O, objectif. À l'heure, tenue soignée. Débit rapide en début de séance, plus posé ensuite. Sourit en évoquant ses collègues. Carnet de pensées rempli 5 jours sur 7.
- A, analyse. Progrès net sur le sommeil, la routine semble tenir. L'anxiété se concentre maintenant sur le regard des autres quand elle doit s'exprimer en public. Pensée de type « lecture des pensées » bien identifiée par la patiente quand on l'examine ensemble. Bonne mobilisation.
- P, plan. Répéter la présentation deux fois à voix haute avant jeudi, noter l'anxiété avant et après (0 à 10). Séance 7 dans deux semaines, faire le point sur la présentation.
En DAP
- D, données. Endormissement plus facile 4 soirs sur 7 depuis la routine du soir. Appréhension avant une présentation à son équipe jeudi, « je vais bafouiller et tout le monde va le voir ». Débit rapide au début, plus posé ensuite. Carnet de pensées rempli 5 jours sur 7. Examen de la pensée « tout le monde va le voir » et jeu de rôle des deux premières minutes de la présentation.
- A, analyse. Sommeil en amélioration. Anxiété désormais centrée sur le regard des autres. Patiente capable de nuancer sa pensée en séance, débit plus calme à la deuxième répétition.
- P, plan. Deux répétitions à voix haute avant jeudi, anxiété notée avant et après (0 à 10). Séance 7 dans deux semaines.
En BIRP
- B, comportement. Arrive à l'heure, débit rapide au début. Rapporte un meilleur endormissement (4 soirs sur 7) et une forte appréhension avant sa présentation de jeudi.
- I, intervention. Reprise du carnet de pensées. Examen des arguments pour et contre la pensée « tout le monde va le voir ». Jeu de rôle des deux premières minutes de la présentation, deux répétitions.
- R, réponse. Trouve elle-même deux contre-exemples. Débit plus calme à la deuxième répétition. Dit se sentir « un peu moins tendue ».
- P, plan. Deux répétitions à voix haute avant jeudi avec mesure de l'anxiété avant et après. Séance 7 dans deux semaines.
En GIRP
- G, objectif. Objectif du suivi n° 2, pouvoir intervenir en réunion sans l'éviter. (Objectif n° 1, sommeil, en bonne voie avec 4 endormissements faciles sur 7.)
- I, intervention. Examen de la pensée « tout le monde va le voir ». Jeu de rôle des deux premières minutes de la présentation de jeudi.
- R, réponse. Deux contre-exemples trouvés. Débit plus calme à la deuxième répétition, se dit « un peu moins tendue ».
- P, plan. Deux répétitions avant jeudi, anxiété notée avant et après. Séance 7 dans deux semaines pour faire le point sur l'objectif n° 2.
En note narrative
Séance 6, 50 min, au cabinet. Mme L. arrive à l'heure, elle parle vite au début puis se pose. Le sommeil va mieux, elle s'endort facilement 4 soirs sur 7 depuis la routine du soir. Ce qui l'occupe aujourd'hui, c'est sa présentation de jeudi devant son équipe. Elle est convaincue qu'elle va bafouiller et que « tout le monde va le voir ». On reprend son carnet, on examine cette pensée ensemble et elle trouve elle-même deux contre-exemples. Jeu de rôle des deux premières minutes, plus posée à la deuxième répétition, elle se dit « un peu moins tendue ». Elle répète deux fois à voix haute d'ici jeudi en notant son anxiété avant et après. Prochaine séance dans deux semaines.
Ce que l'exemple montre
- Le contenu est le même partout. Ce qui change, c'est l'endroit où l'on met l'accent.
- Le SOAP sépare bien ce que dit le patient de ce que vous voyez. C'est utile quand quelqu'un d'autre doit relire la note.
- Le DAP est plus rapide à écrire, mais la rubrique « Données » devient vite un fourre-tout.
- Le BIRP et le GIRP rendent visible le travail fait en séance et son effet. C'est pratique en thérapie structurée, moins naturel quand la séance est surtout un temps d'élaboration.
- La note narrative est la plus agréable à relire, mais rien ne garantit que le plan ou l'analyse y figurent à chaque fois.
Tableau comparatif
- SOAP
- Rubriques. Subjectif, Objectif, Analyse, Plan
- Ce qu'il fait ressortir. La distinction entre récit du patient et observation
- Point fort. Connu de tous les soignants, lisible par un tiers
- Point faible. La frontière entre S et O est floue en psychothérapie
- DAP
- Rubriques. Données, Analyse, Plan
- Ce qu'il fait ressortir. Votre analyse et la suite
- Point fort. Rapide, adapté aux suivis réguliers
- Point faible. Les données se mélangent
- BIRP
- Rubriques. Comportement, Intervention, Réponse, Plan
- Ce qu'il fait ressortir. Ce que vous avez fait et l'effet produit
- Point fort. Montre clairement le travail thérapeutique
- Point faible. Moins de place pour votre réflexion clinique
- GIRP
- Rubriques. Objectif, Intervention, Réponse, Plan
- Ce qu'il fait ressortir. Le lien entre la séance et les objectifs du suivi
- Point fort. Suivre la progression vers un objectif
- Point faible. Suppose des objectifs définis au départ
- PIE
- Rubriques. Problème, Intervention, Évaluation
- Ce qu'il fait ressortir. Un problème à la fois
- Point fort. Très court
- Point faible. Trop pauvre pour une séance de psychothérapie
- Narratif
- Rubriques. Aucune imposée
- Ce qu'il fait ressortir. Le déroulé et la tonalité de la séance
- Point fort. Naturel, respecte les approches peu structurées
- Point faible. Inégal d'une séance à l'autre, plan souvent oublié
D'où viennent ces formats
Le SOAP, né dans la médecine américaine des années 1960
Le SOAP est associé au « dossier médical orienté problèmes » du médecin américain Lawrence Weed. L'idée était de classer le dossier par problème du patient plutôt que par date ou par source. Weed a publié sur ce sujet dès 1964 dans l'Irish Journal of Medical Science, puis un article plus connu en 1968 dans le New England Journal of Medicine, intitulé « Medical records that guide and teach ». Dans une interview de 2009, il raconte avoir mis en place ce dossier comme directeur médical d'un hôpital du Maine. À Case Western Reserve University, où il a enseigné, les étudiants rédigeaient une note SOAP complète pour chaque problème du patient.
Le format est aujourd'hui utilisé bien au-delà de la médecine générale, y compris en santé mentale, où circulent aussi les variantes ci-dessous.
DAP, BIRP, GIRP : des variantes sans acte de naissance clair
Pour le DAP, le BIRP et le GIRP, nous n'avons trouvé aucune publication fondatrice identifiable. Ces formats circulent surtout dans les guides de documentation et les logiciels utilisés en santé mentale aux États-Unis. Méfiez-vous des articles qui leur attribuent une date ou un auteur précis sans citer de source.
À noter aussi, l'Association américaine de psychologie (APA) n'impose aucun format dans ses lignes directrices sur la tenue des dossiers adoptées en 2007. Elle précise que ce sont certains hôpitaux, cliniques ou organismes qui fixent un format. Ces lignes directrices sont aujourd'hui archivées par l'APA.
Quel format pour quelle pratique
Il n'y a pas de bonne réponse unique. Voici des repères tirés de la logique de chaque format. À vous de les adapter.
- TCC et thérapies structurées
- Format qui s'y prête. BIRP ou SOAP
- Pourquoi. Les exercices, les tâches entre séances et leur effet ont une place dédiée.
- Thérapie brève, orientée solutions
- Format qui s'y prête. GIRP
- Pourquoi. Chaque séance est reliée à un objectif défini au départ, ce qui aide à mesurer le chemin parcouru en peu de séances.
- Suivi long, approche psychodynamique ou intégrative
- Format qui s'y prête. Narratif court ou DAP
- Pourquoi. Les rubriques « intervention » et « réponse » collent mal à une séance d'élaboration. Un texte bref avec une ligne d'analyse et une ligne de suite suffit souvent.
- Psychiatrie
- Format qui s'y prête. SOAP
- Pourquoi. Proche du dossier médical, il fait une place à l'examen clinique, au traitement et aux ajustements.
- Paramédical (kiné, orthophonie, psychomotricité, ergothérapie)
- Format qui s'y prête. SOAP
- Pourquoi. Les mesures et tests ont leur rubrique, et le format est connu des médecins prescripteurs.
- Travail en équipe, établissement
- Format qui s'y prête. Le format de l'établissement
- Pourquoi. Une note doit être lisible par les collègues. En France, beaucoup de services utilisent les transmissions ciblées.
Pour un exemple concret côté paramédical, voyez notre modèle de fiche de suivi de séance en ostéopathie. Pour la psychiatrie, voyez notre modèle de compte rendu de consultation psychiatrique.
Le cas des transmissions ciblées
Si vous travaillez en établissement en France, vous croiserez souvent les transmissions ciblées. On commence par nommer la cible en un ou deux mots (un symptôme, un comportement, un changement de l'état de santé). On note ensuite les données qui s'y rapportent, les actions menées, puis les résultats obtenus. La cible n'est ni un diagnostic médical ni un acte de soin. C'est proche du PIE dans l'esprit, et c'est souvent la langue commune de l'équipe soignante.
Ce que la loi impose (et n'impose pas)
Point important avant d'entrer dans le détail. Aucun des textes que nous avons consultés en France, en Belgique ou en Suisse n'impose SOAP, DAP, BIRP ou un autre format. Ils fixent parfois un contenu, une durée de conservation ou un droit d'accès du patient. La structure reste votre choix.
En France
- Psychologues. Le code de déontologie des psychologues (version 2021) demande de recueillir, classer et archiver ses notes personnelles en protégeant la vie privée et le secret professionnel (article 23). Il demande aussi que les documents émanant du psychologue soient datés et portent son identité (article 18). Il ne fixe aucun format. Ce code n'a pas aujourd'hui de valeur réglementaire, mais les organisations professionnelles rappellent qu'il est utilisé comme référence par les juges.
- Médecins, dont psychiatres. L'article R4127-45 du code de la santé publique oblige le médecin à tenir un dossier pour chaque patient. Le commentaire de l'Ordre des médecins, rédigé sur l'ancienne version de l'article, précisait que sa rédaction « n'est soumise à aucun formalisme ». Jusqu'en juillet 2026, le même article distinguait les notes personnelles du médecin, ni transmissibles ni accessibles au patient. Le décret n° 2026-691 du 27 juillet 2026 a supprimé cette mention.
- Accès du patient. L'article L1111-7 du code de la santé publique donne à toute personne accès aux informations concernant sa santé détenues par des professionnels et établissements de santé. Selon service-public.fr, les documents sont remis au plus tard 8 jours après la demande, ou 2 mois si les informations datent de plus de 5 ans. La question de ce que le patient peut obtenir d'un psychologue a ses propres nuances, que nous détaillons dans notre article sur l'accès du patient à son dossier chez le psychologue.
Conséquence pratique, et c'est une recommandation plus qu'une règle. Écrivez vos notes comme si le patient pouvait un jour les lire. Des faits datés, des citations entre guillemets quand elles comptent, une analyse formulée comme une hypothèse. Le format SOAP aide justement à séparer ce qui a été dit, ce qui a été observé et ce que vous en pensez.
Pour les durées de conservation en France, voyez notre article sur la durée de conservation du dossier patient.
Les pièges d'un format
- Remplir les cases pour les remplir. Une rubrique vide vaut mieux qu'une phrase creuse. « Patiente coopérante » dans la rubrique O n'apprend rien à personne.
- Oublier l'analyse. C'est la rubrique la plus utile et la plus souvent bâclée. Une ou deux phrases sur ce que vous comprenez de la séance suffisent, à condition d'être écrites.
- Confondre récit et interprétation. « Elle est dans le déni » est une interprétation. « Elle dit que tout va bien alors que son sommeil s'est dégradé » est un fait. Le premier va en A, le second en S ou O.
- Noter ce qui concerne des tiers. Les patients parlent de leur conjoint, de leurs collègues, de leurs enfants. Notez seulement ce qui sert le suivi.
- Changer de format tous les mois. Un format moyen tenu pendant un an vaut mieux qu'un format idéal abandonné au bout de trois semaines. La comparaison d'une séance à l'autre est justement ce qui rend les notes utiles.
Une trame courte, quel que soit le format
Si vous ne savez pas par où commencer, voici une base qui fonctionne avec tous les formats. Gardez-la sous les yeux les premières semaines.
- Date, numéro de séance, durée, lieu (cabinet ou visio).
- Ce que le patient rapporte depuis la dernière séance, avec une ou deux citations utiles.
- Ce que vous observez (présentation, humeur apparente, tâches faites ou non).
- Ce que vous avez fait pendant la séance.
- Votre lecture de la séance, formulée comme une hypothèse.
- Si c'est pertinent, ce que vous avez évalué en matière de risque et votre conclusion.
- La suite prévue (tâche, prochaine date, point à reprendre).
Si vous rangez ces lignes sous S, O, A et P, vous avez un SOAP. Sous D, A et P, un DAP. Le travail clinique est le même.
Comment fonctionne Delta
Delta est un assistant IA pour les professionnels de santé mentale et les praticiens paramédicaux. Pendant la séance, Delta retranscrit ce qui se dit, puis prépare un compte rendu de séance que vous relisez. Vous pouvez aussi dicter vos observations juste après la séance. Le compte rendu tient compte de votre spécialité et de votre approche thérapeutique, et il s'ajoute au dossier du patient. Vous retrouvez ainsi tout le suivi et son évolution au même endroit, ce qui est justement ce qu'on attend d'une note structurée.
Côté sécurité, les données sont hébergées en France sur une infrastructure certifiée pour les données de santé (HDS). Le traitement par l'IA se fait sur des serveurs situés en France, après pseudonymisation du nom du patient et des informations identifiantes. Aucun fichier audio n'est conservé, les données ne servent jamais à entraîner des modèles et elles sont chiffrées en transit et au repos. Pour l'information du patient, voyez notre article sur le consentement et la prise de notes par IA. Delta rédige aussi vos comptes rendus de bilan, courriers et attestations.
Questions fréquentes
Que veut dire SOAP dans une note de séance ?
SOAP signifie Subjectif, Objectif, Assessment (analyse) et Plan. S contient ce que le patient rapporte, O ce que vous observez ou mesurez, A votre lecture clinique, P la suite prévue. Le format vient du dossier médical orienté problèmes de Lawrence Weed, dans les années 1960.
Quelle est la différence entre une note SOAP et une note DAP ?
Le DAP regroupe les rubriques S et O du SOAP en une seule rubrique « Données ». Il est plus rapide à écrire. En contrepartie, il distingue moins bien ce que dit le patient de ce que vous observez.
Le format BIRP est-il adapté à un psychologue en libéral ?
Oui, surtout si vous travaillez avec des exercices ou des techniques précises, comme en TCC. Le BIRP fait ressortir ce que vous avez proposé et la façon dont le patient y a réagi. En suivi long ou d'orientation analytique, un format plus libre est souvent plus naturel.
Un psychologue est-il obligé d'utiliser le format SOAP en France ?
Non. Aucun texte ne fixe de format de note pour les psychologues. Le code de déontologie demande de classer et archiver ses notes en protégeant le secret professionnel, et que les documents soient datés et identifient leur auteur.
Peut-on mélanger plusieurs formats ?
Oui, beaucoup de praticiens le font. Une note narrative courte suivie d'une ligne « Analyse » et d'une ligne « Suite » est un compromis courant. L'important est de garder la même structure d'une séance à l'autre pour pouvoir comparer.
Combien de temps faut-il pour rédiger une note SOAP ?
Cela dépend de la séance et de votre habitude. Une note de quatre rubriques de deux ou trois lignes chacune reste courte. Le plus efficace est de l'écrire tout de suite après la séance, quand les détails sont encore frais.
Le patient peut-il lire mes notes SOAP ?
Cela dépend de votre profession, de votre pays et du statut de la note. En France, l'article L1111-7 du code de la santé publique ouvre au patient l'accès aux informations de santé détenues par les professionnels de santé. Pour les médecins, l'article R4127-45 excluait les notes personnelles de cet accès, mais cette mention a disparu du texte le 30 juillet 2026. En Belgique et en Suisse, le patient a aussi un droit d'accès à son dossier. Mieux vaut donc rédiger chaque note en pensant qu'elle pourrait être lue.
Sources
- Code de la santé publique, article R4127-45 (Légifrance)
- Code de la santé publique, article L1111-7 (Légifrance)
- Weed L.L., « Medical records, patient care, and medical education », Irish Journal of Medical Science, 1964
- Takeda H., « What has changed after Dr. Lawrence Weed's paper in 1968? », Yearbook of Medical Informatics, 1999 (référence de Weed L.L., « Medical records that guide and teach », N Engl J Med 1968;278:593-600, 652-7)
- Jacobs L., « Interview with Lawrence Weed, MD », The Permanente Journal, 2009
- Case Western Reserve University, hommage à Larry Weed, 2017
- American Psychological Association, Record Keeping Guidelines (2007, archivées)
- Code de déontologie des psychologues, version 2021
- CERéDéPsy, argumentaire sur le code de déontologie des psychologues, 2024
- Conseil national de l'Ordre des médecins, article 45 du code de déontologie médicale (R4127-45 CSP) et commentaires
- AP-HP, Direction des affaires juridiques, Accès au dossier médical (article L1111-7 CSP)
- Service-public.fr, Accès au dossier médical (vérifié le 28 février 2025)
- Commission des psychologues (Belgique), « Le dossier patient à la loupe », Courrier déontologique, avril 2025
- CMS, présentation de la loi belge du 22 avril 2019 relative à la qualité de la pratique des soins de santé
- Canton de Genève, Loi sur la santé (K 1 03), articles 52 à 57
- Canton de Berne, Ordonnance sur les patients et les professionnels de la santé (OPat, RSB 811.011)
- FSP, Code de déontologie (directives d'éthique professionnelle), articles 20 et 21
- FMH, Guide pratique des bases juridiques, Le dossier médical
- Éditions Foucher, Les transmissions (transmissions ciblées), 2022
Essayer Delta pendant 14 jours
Retrouvez le compte rendu de chaque séance dans le dossier du patient, prêt à relire, et suivez son évolution au même endroit.
Essayer gratuitement